Un couple et leur enfant ont été tués samedi dans les bombardements du régime syrien sur le camp de Yarmouk, un des derniers bastions de l'organisation Etat islamique (EI) dans le sud de Damas, a-t-on appris dimanche auprès d'une ONG.
Les troupes syriennes pilonnent depuis plusieurs jours le camp palestinien de Yarmouk et les quartiers voisins, majoritairement tenus par l'EI, mais où vivent également des milliers de civils, afin de reprendre le contrôle total de la capitale.
"Cela porte à neuf le nombre de civils tués depuis l'intensification des bombardements jeudi", a déclaré le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Les bombardements se poursuivaient dans cette zone dimanche avec des frappes aériennes, des tirs d'artillerie et de roquettes, a-t-il précisé.
Avant le début du conflit syrien en 2011, Yarmouk abritait quelque 160.000 personnes, y compris des Syriens. Aujourd'hui, seules quelques milliers de personnes y vivent encore.
La mission de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Damas s'est dite vendredi "profondément préoccupée par le sort des civils" avec la poursuite "des bombardements, des tirs de missiles et des affrontements violents à l'intérieur du camp et dans ses alentours".
Après l'annonce la semaine dernière par Damas de la reconquête totale de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, au nord-est de Damas, au terme d'une opération ayant tué 1.700 civils selon l'OSDH, les poches de résistance dans le sud de la capitale sont désormais dans le viseur du régime. Ces zones sont majoritairement contrôlées par l'EI depuis 2015.
En expulsant les jihadistes du sud de Damas, le régime contrôlerait l'ensemble de la capitale et de ses environs pour la première fois depuis 2012.
Défait par une vaste opération militaire menée contre son "califat" autoproclamé en 2014 sur un territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie, l'EI ne contrôle plus que 5% du territoire syrien, notamment des zones désertiques du centre et de l'est du pays, selon le géographe français spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche.
Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar el-Assad, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine