Téhéran a accusé lundi Israël d'"agression flagrante" en Syrie après une frappe imputée à l'État hébreu contre une base aérienne syrienne dans laquelle trois Iraniens auraient péri, selon un média iranien.
La République islamique condamne "fermement l'agression et la frappe aérienne du régime sioniste contre la base aérienne T4" dans la province de Homs, indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
L'Iran "appelle tous les États libres [...] à ne pas être indifférents face à cette agression flagrante des Sionistes", qui "ne fera que compliquer davantage la situation" en Syrie, ajoute-t-il.
L'agence iranienne Fars avait rapporté un peu plus tôt que trois Iraniens étaient "tombés en martyrs" dans l'attaque aux missiles ayant visé tôt lundi l'aéroport militaire T-4. Le communiqué du ministère ne fait aucune mention de ces victimes potentielles.
Fars, qui est proche des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, à la pointe du soutien militaire et logistique iranien à Damas, semblait avoir retiré l'information de son site en fin d'après-midi, la page où elle l'avait publié initialement n'étant plus disponible.
Téhéran est avec Moscou l'un des principaux alliés de Bachar el-Assad dans le conflit en Syrie et a joué un rôle important dans les récentes victoires des troupes gouvernementales.
L'Iran envoie en Syrie des milliers de combattants présentés comme des "volontaires" venus d'Iran mais aussi d'Afghanistan ou du Pakistan et entraînés sur place par des "conseillers militaires" iraniens.
Selon Clément Therme, chercheur à l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres, on estime ainsi "le nombre de combattants afghans en Syrie entre dix et vingt mille".
Pour les membres des forces iraniennes envoyées par la République islamiques en Syrie, "il s'agit plus de forces d'encadrement que de forces combattantes", ajoute ce spécialiste de l'Iran, d'où un "faible nombre de décès par mois [...] en comparaison avec les morts du Hezbollah [libanais] et des Afghans notamment".
Le régime syrien et Moscou ont également accusé Israël d'avoir mené la frappe de lundi alors que l'État hébreu a mené de nombreux raids contre des cibles en Syrie ces dernières années. L'armée israélienne s'est refusé à tout commentaire.
L'Iran ne reconnaît pas l'existence d'Israël qui voit de son côté en Téhéran une menace existentielle et dénonce régulièrement le soutien de Téhéran au Hezbollah.
Israël s'inquiète régulièrement de la présence iranienne en Syrie, redoutant l'implantation durable de forces hostiles chez son voisin.
Un accès de tension a opposé l'Iran et Israël sur le théâtre syrien en février après un raid aérien israélien contre une base militaire.
Israël avait alors accusé l'Iran d'avoir lancé à partir de cette base un drone qui aurait pénétré dans l'espace aérien israélien. L'Iran avait dénoncé des affirmations "ridicules".
Le ministre israélien chargé des Renseignements, Yisrael Katz, avait alors déclaré que son pays n'accepterait "aucune implantation militaire de l'Iran en Syrie".


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