Le trafic ferroviaire revenait progressivement à la normale jeudi en France, une pause laissant la place à deux jours de concertation entre syndicats de cheminots et gouvernement, avant la reprise de la grève à partir de samedi soir.
Après deux premiers jours de grève très suivis contre la réforme de la SNCF, l'opérateur public du rail, les trains circulaient à peu près normalement avec seulement quelques perturbations résiduelles.
L'arrêt de travail des deux derniers jours n'était que le premier épisode d'une grève en pointillé, prévue deux jours sur cinq sur une période totale de trois mois.
Les syndicats de la SNCF protestent contre la réforme du rail, qui fait partie de l'ambitieux programme de réformes du président Emmanuel Macron. Cette dernière vise en particulier à abolir le statut des cheminots à l'embauche, qui prévoit notamment la garantie d'emploi à vie. Selon les syndicats, cette réforme "vise à détruire le service public" et mener vers la privatisation.
La grève doit reprendre dès samedi soir jusqu'à mardi matin. En attendant, la concertation devait reprendre jeudi après-midi au ministère des Transports avec les syndicats sur l'ouverture à la concurrence, l'organisation et la dette de la SNCF, qui dépasse les 50 milliards d'euros et coûte un milliard par an.
Le Premier ministre Édouard Philippe s'est dit "ouvert" à la reprise d'une partie de cette dette par l'État, mais avec "en contrepartie" des "engagements extrêmement clairs, extrêmement fermes, et qui transforment le fonctionnement opérationnel de l'entreprise".
"Je ne veux pas prendre un engagement alors même qu'à ce stade, rien n'a changé dans le fonctionnement de la SNCF (...). Je ne veux pas dire aux Français qu'(ils) vont payer cette dette et la reprendre alors qu'ils n'ont aucun élément leur permettant de penser qu'à l'avenir, on ne va pas tomber dans 3 milliards (d'euros) de déficit" supplémentaire chaque année, a justifié le chef du gouvernement sur la radio France Inter.
"Chantage", a répondu le patron de la CGT, premier syndicat français, Philippe Martinez. "+Acceptez ce qu'on vous propose et on parlera de la dette après+, c'est proprement scandaleux", s'est-il exclamé sur la radio franceinfo.


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