Le ministre libanais de la Santé, Ghassan Hasbani, a affirmé que "des mesures légales adéquates seront prises pour empêcher l'enregistrement et l'importation de pesticides toxiques", faisant écho à un avertissement émis plus tôt dans la journée par le député Wael Bou Faour à ce sujet.
"Après avoir pris connaissance de la décision du Conseil d’État (autorisant l'entrée de pesticides agricoles toxiques), nous ne pouvons pas permettre l'utilisation de ces substances qui sont dangereuses pour la santé des Libanais", a indiqué M. Hasbani dans un tweet. "Nous allons prendre des mesures légales adéquates à cet effet, notamment un recours contre la décision sus-mentionnée, afin de la suspendre jusqu'à ce que soit effectuée une étude complète", a-t-il ajouté.
Le ministre de la Santé a estimé que la décision du Conseil d’État porte sur "des aspects structurels et non pas sur le fond du problème, l'impact des substances sur la santé ou pas". "C'est pour cette raison que nous œuvrons sérieusement pour protéger la santé du citoyen. Toute dispute concernant cette décision se résoudra de manière légale, tandis que rien ne peut compenser la santé du citoyen", a-t-il souligné.
Plus tôt dans la journée, le député Bou Faour avait rappelé que l'Organisation mondiale de la Santé avait récemment souligné une hausse du nombre des cas de cancer au Liban, appelant à interdire aux exportateurs d'introduire les pesticides controversés, et exhortant le Conseil d’État à casser la décision judiciaire d'autoriser l'entrée de ces pesticides.
En décembre, la commission conjointe sur les pesticides et les produits agricoles, relevant des ministères de l'Agriculture et de la Santé, avait autorisé l'introduction de 18 produits agricoles contenant des substances cancérigènes. Une décision contestée depuis par M. Bou Faour, qui avait fait état de "pots-de-vin" dans ce dossier. L'ancien ministre de la Santé avait même menacé de recourir au Conseil de sécurité des Nations unies pour interdire l'importation de certains pesticides.


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