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Nos lecteurs ont la parole - Par Georges H. Mallat

« The Darkest Hour », et un certain sens de l’action publique

Récompensé aux oscars, ce chef-d’œuvre hollywoodien sur l’abnégation et la résilience de Winston Churchill montre combien l’action publique ne saurait se contenter d’inspirations et de harangues populaires.
Car mieux vaut ne pas inspirer du tout que d’inspirer sans faire suivre d’actes. S’agit-il d’avoir uniquement les moyens de sa politique ? Pas seulement, mais bien de mesurer que chaque action publique ne vaut que par la succession d’actes publics que l’État et le citoyen se doivent d’assurer ensemble pour permettre de construire l’édifice sans lequel tout programme politique serait relégué au rang de démagogie passagère. Une succession d’actions politiques courageuses et soutenues, qui gardent cette distance nécessaire avec l’esprit de la critique politique et partisane, pour que chaque action ne soit pas sabotée avant même d’avoir été initiée.
En effet, nul n’aurait parlé de l’esprit de Dunkerque sans l’inspiration décisionnelle de Churchill. Mais une inspiration décisionnelle, rapidement suivie par la mise en marche de la mécanique de l’administration étatique britannique qui réquisitionna tous les bateaux en état de naviguer, ce qui enclencha un sursaut de l’initiative privée citoyenne qui vit se lancer irrésistiblement à travers la Manche une véritable armada menée par les propriétaires des bateaux de plaisance eux-mêmes, dans le seul but de sauver le corps expéditionnaire britannique encerclé. Quel en fut le résultat ? La sauvegarde des 300 000 soldats britanniques en plus de dizaines de milliers de soldats français, alors que les prévisions initiales les plus optimistes n’espéraient pas atteindre le dixième de ce chiffre.
Pouvons-nous tirer des enseignements de cette période fatidique que l’histoire retient comme l’heure la plus sombre ? Certainement ! Et la tentation de paraphraser les rengaines toujours ressassées est bien forte pour nous faire rapidement verser avec dégoût contre le manque d’inspiration qui caractérise nos actions publiques, tant de la part de notre administration étatique, de plus en plus menacée et minée par la corruption matérielle mais aussi morale, que du citoyen lui-même tenté, certes, par l’envie d’avoir un rôle à jouer dans des changements qu’il espère toujours voir arriver, mais tiraillé aussi par un réflexe ancien de peur communautaire ou de dépendance quelconque.
Cette saison électorale nous permet d’espérer que l’action publique que représente le vote citoyen saura faire la mesure des programmes politiques proposés pour que l’action publique citoyenne ne devienne pas un sabotage répétitif d’une volonté de changement qui risquerait de demeurer pour toujours souhaitée, mais sans jamais être vraiment voulue.

Georges H. MALLAT
Avocat à la cour

Récompensé aux oscars, ce chef-d’œuvre hollywoodien sur l’abnégation et la résilience de Winston Churchill montre combien l’action publique ne saurait se contenter d’inspirations et de harangues populaires.Car mieux vaut ne pas inspirer du tout que d’inspirer sans faire suivre d’actes. S’agit-il d’avoir uniquement les moyens de sa politique ? Pas seulement, mais bien de mesurer que chaque action publique ne vaut que par la succession d’actes publics que l’État et le citoyen se doivent d’assurer ensemble pour permettre de construire l’édifice sans lequel tout programme politique serait relégué au rang de démagogie passagère. Une succession d’actions politiques courageuses et soutenues, qui gardent cette distance nécessaire avec l’esprit de la critique politique et partisane, pour que chaque action...
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