Des centaines de morts tombent tous les jours dans la Ghouta sous les obus russes, alaouites et perses, victimes de ce « changement démographique » qui s’opère actuellement en Syrie et qui est à l’image des carnages qu’a connus l’histoire au temps de Houlago et Gengis Khan ! !
Mais les photos de ces nouveaux carnages sont à présent transmises dans toutes les demeures par la télé, la presse et les réseaux sociaux. Ce qui est vraiment nouveau, c’est le fait que ces massacres sont maintenant commis après le vote de résolutions de l’ONU édictant des ordres, auxquels personne n’obéit, et imposant des sanctions, que personne n’exécute !
Cela me rappelle ce qu’avait dit Jawaharlal Nehru (ancien Premier ministre indien) à la Conférence de Bandung en 1955 au sujet des Nations unies, soit il y a trois quarts de siècle : « Ils vous laisseront l’ONU pour y parler à votre guise et vous découvrirez par la suite que cette institution est devenue un simple club ou café où se rendent les délégués pour boire du thé et jouer. Au lieu de jouer aux cartes, ils joueront avec les mots ! »
Cette boucherie atroce dans la Ghouta syrienne est-elle le produit d’aujourd’hui ou le produit de l’histoire et de sa série d’occasions perdues ?
Les dictateurs et despotes de toutes catégories dans les pays arabes sont-ils apparus juste hier ou sont-ils la continuation de l’histoire ? Nous disons que l’histoire est une série d’occasions perdues… Nous disons « Si… Si…
Si… Il ne serait pas advenu ce qui advient aujourd’hui !
Si les six cents dernières années de l’histoire arabe et musulmane s’étaient réduites aux seules périodes de pouvoir des Mameluks et des Ottomans, le concept de gouvernement et de pouvoir dans le monde arabe et islamique aurait certainement changé et serait différent ! Le printemps arabe, à titre d’exemple, a donné naissance à des guerres civiles et à de nouvelles dictatures militaires bien plus cruelles que celles du passé. La chute de Saddam Hussein a fait naître des catastrophes iraniennes en Irak bien supérieures à celles de son régime despote !
Une série d’occasions bien perdues ! Si Omar, Ali ou Abou Bakr avaient succédé à Othman ben Affan et si Mouawiya n’avait pas arraché l’islam à la Sahaba (les califes rachidines) et substitué la politique, le pouvoir et le despotisme à la morale et aux idéaux suprêmes de l’islam, l’État islamique, Daëch, el-Qaëda et tous les autres daëchiottes luttant au nom de l’islam, n’auraient jamais vu le jour ! Le carnage de la Ghouta continue en dépit des résolutions de l’ONU parce que cette institution est devenue, comme l’a dit Nehru depuis trois quarts de siècle, un simple club ou café où l’on joue aux cartes, soit un théâtre comique comme le théâtre de Dix Heures ou le guignol !
Le despotisme alaouite qui est en fait un volet du despotisme arabe qui se poursuit depuis les Ottomans et les Mameluks, n’est que le fruit de six cents ans du règne despotique et barbare et de l’ignorance qui ne connaît aucune pitié, aucune charité, aucune justice, aucune sécurité, aucune paix, et qui engendre des Houlago Khan et des Gengis Khan. Ce qui se produisait naguère dans l’ombre se produit à présent en pleine lumière et après des résolutions « répressives » de l’ONU votées au titre du chapitre VII de la Charte.
On continuera à jouer au théâtre de Dix Heures et au guignol en laissant la Russie jouer un rôle qui la surpasse. Son budget est équivalent à celui de l’Espagne et le budget américain lui est dix fois supérieur. Ce qui n’a pas empêché Obama – qui avait pourtant posé des lignes rouges à ne pas dépasser par le régime alaouite syrien – de ne rien faire par la suite. La Russie avait compris alors qu’elle pouvait jouer le rôle qu’elle joue actuellement et qui dépasse ses capacités réelles. Mais il s’agit d’un rôle qu’ont voulu lui assigner les grandes puissances pour s’épargner la tâche de le jouer elles-mêmes. Elles ont ainsi laissé Poutine s’imaginer qu’en commettant ces massacres similaires à ceux de l’ancienne URSS, il pourra récupérer le rôle de cette dernière !
Ne sont victimes que les petits peuples… Du sang, des destructions, des larmes, des désastres ! Des occasions perdues et qui demeurent perdues, auxquelles on a ajouté l’ONU devenue un théâtre, le théâtre de Dix Heures, le guignol !
Abdel Hamid el-AHDAB
Avocat
Nos lecteurs ont la parole - Par Abdel Hamid El-Ahdab
Des Nations unies... au « théâtre de Dix Heures » et au « guignol »
OLJ / le 28 mars 2018 à 00h00


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