Le Conseil supérieur de la magistrature libanais a appelé mardi les juges de tout le pays à se mettre en grève, sur fond de contestation sociale.
Les magistrats protestent contre un projet de suppression de la Caisse de solidarité des magistrats et contre la nouvelle grille des salaires pour la fonction publique. Selon cette loi, les juges auront des émoluments inférieurs à ceux des fonctionnaires de première catégorie. Les protestataires exigent un ajout de trois échelons à la grille, dont le montant total s’élèverait à environ 300 000 LL.
Lundi, les juges de Beyrouth et de la Békaa avaient poursuivi leur mouvement de protestation.
Le CSM a demandé aujourd'hui la suspension de toutes les séances dans les tribunaux du pays et a appelé à tenir un sit-in dans la salle de la Cour de cassation, parallèlement aux séances du Parlement prévues demain et jeudi pour l'approbation du budget de 2018.Le CSM a également annoncé une conférence de presse qui sera tenue demain par son président, le juge Jean Fahed, et dans laquelle il va exposer les revendications des magistrats.
Une controverse a éclaté ces derniers jours lorsque le ministre de la Justice, Salim Jreissati, a adressé une lettre au président du CSM, lui demandant d’assumer ses responsabilités à l’égard des juges en grève, estimant que le "prestige de la justice est à l’épreuve".
Vendredi, le CSM, vent debout contre le ministre de la justice, avait appelé les magistrats à suspendre leurs travaux --sauf pour les audiences de détenus-- pendant l'examen la semaine prochaine par le Parlement du projet de loi du budget 2018.


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