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Liban - Crise Sociale

La cascade de grèves s’étend aux hôpitaux gouvernementaux

L’imprévoyance des commissions parlementaires, qui ont mal calculé le coût de la nouvelle grille des salaires et son impact – particulièrement sur le secteur scolaire – ainsi que le plan d’austérité budgétaire confectionné en bloc et sans la discrimination nécessaire, avant la réunion de la conférence
CEDRE à Paris (le 16 avril), aiguisent le marasme et la crise sociale qui sévit, et provoquent une cascade de grèves. Après les enseignants, dont certains font face à l’insolvabilité des écoles où ils travaillent, après les juges, touchés au niveau de leur caisse mutuelle et de certains privilèges de corps, après les vétérans de l’armée, contraints de toucher une grille échelonnée, c’était hier au tour des employés des hôpitaux gouvernementaux, en tant qu’institutions publiques, de se mobiliser. Au terme de plusieurs débrayages partiels, ceux-ci ont décidé d’entrer en grève ouverte. Celui-ci affecte, dans le seul hôpital Rafic Hariri (Bir Hassan), le plus grand établissement de sa catégorie, quelque 850 employés cadrés et contractuels. Affilié à l’Université libanaise, l’établissement a une capacité de 544 lits. Au total, ce sont 3 000 salariés qui sont concernés par le mouvement de protestation.
Les employés réclament l’application à leur cas particulier de la nouvelle grille des salaires et l’entrée en vigueur de l’horaire des 35 heures. Venus de Beyrouth, mais aussi de Saïda et de Zahlé, des dizaines d’entre eux se sont rassemblés dans la matinée, place Riad el-Solh, pour défendre leurs droits, sachant que la publication de la loi au Journal officiel remonte au 21 août 2017.
Leur comité syndical a dénoncé à cette occasion une tentative diffuse d’atermoiement et une volonté de modification de la loi sur les fonctionnaires, qui ferait d’eux un cas particulier réglé au niveau des directeurs des différents hôpitaux gouvernementaux.

Les magistrats
Le débrayage dans les hôpitaux gouvernementaux intervient, alors que dans la journée, des juges de Beyrouth ont décidé à la quasi-unanimité qu’ils continueraient à suspendre leurs travaux ainsi que leur participation aux législatives, où leur rôle est fondamental comme présidents des commissions de décompte, s’ils n’obtiennent pas satisfaction.
Dans la matinée, les juges de la Békaa, mettant leur menace à exécution, ont annoncé qu’ils suspendaient même les audiences de détenus, qui avaient été exclues de la grève dans un premier temps.
Vendredi, le CSM, vent debout contre le ministre de la Justice, Salim Jreissati, avait appelé les magistrats à suspendre leurs travaux – sauf pour les audiences de détenus – avant l’examen par les commissions et le vote par le Parlement du projet de budget 2018.
Les magistrats protestent contre la réduction de 20 % des montants alloués par l’État à leur caisse mutuelle et contre la nouvelle grille des salaires dans la fonction publique. Selon cette loi, les juges auront des émoluments inférieurs à ceux des fonctionnaires de première catégorie. Pour corriger cette anomalie, les protestataires exigent donc un ajout de trois échelons à la grille (environ 300 000 LL).

Les vétérans de l’armée
Par ailleurs, les membres du Comité national des vétérans des forces armées libanaises ont manifesté hier à Chtaura (Békaa) et dans le Akkar, pour réclamer l’application de la nouvelle grille des salaires. Les vétérans de l’armée protestent également contre le projet d’échelonnement des paiements qui leur est imposé et qui annule les avantages dont d’autres catégories sociales ont bénéficié.

Les salariés de la société Debbas
Signalons pour finir que les employés de la société Debbas sont en grève, n’ayant pas touché leurs salaires depuis 5 mois. Selon le président de la CGTL, Béchara Asmar, la société est en train d’appliquer un plan social visant à réduire le nombre de ses salariés. Des indemnités de départ sont proposées à ces derniers et les retenues de salaires sont là pour les inciter à choisir de quitter l’entreprise.

L’imprévoyance des commissions parlementaires, qui ont mal calculé le coût de la nouvelle grille des salaires et son impact – particulièrement sur le secteur scolaire – ainsi que le plan d’austérité budgétaire confectionné en bloc et sans la discrimination nécessaire, avant la réunion de la conférence CEDRE à Paris (le 16 avril), aiguisent le marasme et la crise sociale qui sévit, et provoquent une cascade de grèves. Après les enseignants, dont certains font face à l’insolvabilité des écoles où ils travaillent, après les juges, touchés au niveau de leur caisse mutuelle et de certains privilèges de corps, après les vétérans de l’armée, contraints de toucher une grille échelonnée, c’était hier au tour des employés des hôpitaux gouvernementaux, en tant qu’institutions publiques, de se...
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