On y enseigne le droit depuis le XIIe siècle mais c'est la confusion et la tension qui règnent depuis jeudi à la faculté de droit de Montpellier, dans le sud de la France, après l'expulsion musclée d'étudiants protestataires par des hommes cagoulés armés de bâtons.
L'université est restée fermée lundi "afin d'éviter tout risque d'altercations ou de débordements", selon un communiqué de la direction. Mais cela n'a pas empêché plusieurs centaines d'étudiants de se retrouver dès le petit matin devant les grilles baissées de la faculté pour s'invectiver.
Deux camps s'affrontent à Montpellier entre les pro-blocage de la "fac", qui manifestent contre une nouvelle loi d'accès à l'université, et ceux qui veulent aller en cours.
"Rendez-nous nos facs!", scandaient ces derniers lundi. "Soutien aux victimes", répondaient ceux d'en face en renvoyant aux violences survenues dans la nuit de jeudi à vendredi dans un amphithéâtre de la faculté.
Cette nuit-là, plusieurs hommes cagoulés et armés de bâtons ont expulsé brutalement des étudiants qui occupaient les lieux. Des étudiants et des syndicats ont tout de suite mis en cause le doyen de la faculté de droit, Philippe Pétel, assurant que des membres de groupuscules identitaires d'extrême droite mais aussi des professeurs --dont les noms et les photos circulent sur les réseaux sociaux-- auraient participé à l'expédition punitive. M. Pétel a démissionné samedi.
Alors que la présidence de l'université et cinq étudiants ont porté plainte à la suite de ces violences, les autorités judiciaires de Montpellier ont ouvert une enquête pour des faits de "violences en réunion et avec armes".
Une enquête administrative sur le coup de force a par ailleurs débuté lundi, avec l'arrivée d'inspecteurs généraux, a confirmé à l'AFP le cabinet de la rectrice d'académie.
Les incidents ont suscité de vives réactions parmi les étudiants d'autres villes de France, et des étudiants de l'université de Lille 2 (nord) ont appelé lundi à une mobilisation nationale pour mercredi, contre la sélection à l'université et les "interventions policières" dans les campus.
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France: coups de bâton et tension maximale à la faculté de droit de Montpellier
AFP / le 26 mars 2018 à 14h49


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