Les négociations sur le sort de Douma, la dernière enclave insurgée dans la Ghouta orientale en périphérie de la capitale syrienne, piétinent en raison de divergences au sein des rebelles de la puissante faction Jaich al-Islam, selon une ONG.
Ecrasés par le déluge de feu déversé pendant cinq semaines d'une offensive meurtrière, deux importants groupes rebelles ont déjà accepté d'abandonner leurs enclaves dans la Ghouta pour se retirer dans la province d'Idleb (nord-ouest), qui échappe au contrôle du régime, à la suite d'accords d'évacuation parrainés par la Russie. Des discussions sont en cours avec le groupe islamiste Jaich al-Islam, qui contrôle la région de Douma, la plus grande ville de la Ghouta, mais elles n'ont pas encore abouti, même si les combats semblent s'être interrompus.
"Les négociations se poursuivent mais elles sont retardées par des divergences au sein même du groupe rebelle", a expliqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Les dirigeants de Jaich al-Islam sont divisés, certains sont opposés à un accord. La mort hier de cinq soldats syriens tués par des francs-tireurs serait liée aux tentatives de sabotage par le camp dur" qui refuse toute "réconciliation", a-t-il ajouté.
Les pourparlers pourraient ainsi concerner un possible "accord de réconciliation", selon l'OSDH, qui garantirait le maintien à Douma de Jaich al-Islam, en échange de son désarmement, avec le déploiement de la police militaire russe, le retour des institutions du régime, mais sans que l'armée syrienne n'y pénètre. Les rebelles qui refuseraient de déposer les armes bénéficieraient d'un "accord d'évacuation", selon l'OSDH.
Une nouvelle rencontre est prévue dans les prochains jours entre un comité local de Douma mis sur pied pour mener les négociations et l'allié russe du régime, selon un correspondant de l'AFP sur le terrain.
"Les négociations en cours sont destinées à assurer notre maintien et non notre sortie", a insisté le porte-parole de Jaich al-Islam, Hamza Bayrakdar, dans un entretien avec une radio syrienne, réitérant la position officielle affichée par son groupe.
Le sort des habitants reste suspendu à celui des pourparlers. Plongés dans l'incertitude, plus d'un millier d'habitants ont choisi dimanche de fuir vers les zones contrôlées par le régime, selon les médias officiels syriens. Quinze mille habitants les avaient déjà précédé dans cet exode au cours des cinq derniers jours, selon l'OSDH.


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