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Après les cheminots et les fonctionnaires, les personnels d'Air France en grève

Plusieurs Airbus A380 d'Air France sont garés sur le tarmac de l'aéroport de Paris Roissy Charles-de-Gaulle, en décembre 2016. AFP / ERIC PIERMONT

Après la journée de mobilisation des cheminots et des fonctionnaires jeudi, ce sont les salariés d'Air France qui sont en grève vendredi pour leurs salaires, provoquant l'annulation d'un quart des vols, dans un climat social français de plus en plus agité.

Vendredi matin, le programme de vols était conforme aux prévisions, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la direction: 70% de vols long-courriers, autant de moyen-courriers depuis et vers l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, 80% des court-courriers entre Orly, également parisien, et la province.

Les syndicats appelant à la grève n'ont organisé aucun rassemblement. Ils exigent une hausse de salaires et jugent les gestes de la direction insuffisants.
Ce mouvement des personnels de la compagnie aérienne française vient ajouter un ingrédient de plus dans le chaudron social du pays, au lendemain de l'importante mobilisation des fonctionnaires et des cheminots de la SNCF contre les projets du président Emmanuel Macron.
Plus de 300.000 personnes ont défilé jeudi dans toute la France pour défendre le service public, le statut des fonctionnaires et celui des cheminots qui se sont fortement mobilisés, face à un gouvernement déterminé.

Gouvernement et cheminots sont engagés désormais dans une "bataille de l'opinion" après le "coup de semonce" des manifestations de jeudi, estime la presse française de vendredi, alors que, depuis son installation au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a notamment passé une réforme du droit du travail, sans soulever une opposition massive et résolue.

Le président français a par ailleurs ouvert plusieurs autres chantiers de réformes, comme celui de l'Assurance chômage.

Réforme ferroviaire : "LE" sujet  
Concernant les manifestations de jeudi, pour le journal l'Opinion, "la démonstration est ainsi faite: la réforme ferroviaire sera LE sujet de polarisation du printemps".
D'autant que les cheminots vont faire une grève de trois mois en pointillés (deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin), des modalités d'action peu courantes qui permettent d'envisager un éventuel enlisement du conflit.

"On est déterminé à mener une réforme qui est essentielle pour l'avenir de la SNCF", a déclaré vendredi matin la ministre des Transports Elisabeth Borne, refusant de se placer dans l'hypothèse d'un enlisement du conflit alors que le gouvernement veut changer le statut de la SNCF.
"Utilisons à plein ces dix jours (jusqu'au 3 avril, date de la prochaine grève) pour avancer dans la discussion, pour rassurer les cheminots, pour trouver des réponses et pour préparer la loi qui sera discutée prochainement au parlement", a-t-elle lancé. "Arrêtons d'agiter des peurs !".
Affirmant que l'ouverture du transport ferroviaire à la concurrence était une dynamique irréversible, elle a jugé en particulier "dangereux" de faire croire qu'on pourrait revenir sur une telle ouverture, entérinée sous le précédent quinquennat : "Elle a été décidée. Le sujet, c'est comment on s'y prépare."

Concernant les fonctionnaires, qui ont protesté contre la suppression annoncée de 120.000 postes et le gel des salaires, entre autres, le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, souhaite une revalorisation de la rémunération des plus "mal payés", "mais pas pour tout le monde".

Le gouvernement entend "faire du rattrapage sur des métiers" comme celui d'"infirmière" ou "un certain nombre de métiers de catégorie C" - la plus basse -, a détaillé le ministre vendredi matin.

Après la journée de mobilisation des cheminots et des fonctionnaires jeudi, ce sont les salariés d'Air France qui sont en grève vendredi pour leurs salaires, provoquant l'annulation d'un quart des vols, dans un climat social français de plus en plus agité. Vendredi matin, le programme de vols était conforme aux prévisions, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la direction: 70% de vols long-courriers, autant de moyen-courriers depuis et vers l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, 80% des court-courriers entre Orly, également parisien, et la province. Les syndicats appelant à la grève n'ont organisé aucun rassemblement. Ils exigent une hausse de salaires et jugent les gestes de la direction insuffisants. Ce mouvement des personnels de la compagnie aérienne française vient ajouter un ingrédient de...