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Moyen Orient et Monde

Le régime pilonne les dernières poches rebelles de la Ghouta

Offensive L’EI s’empare d’un quartier à Damas ; un tir rebelle de roquette sur la capitale fait 35 tués.
OLJ
21/03/2018

Le régime syrien poursuivait hier son offensive contre les dernières poches rebelles de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, pendant que dans le nord du pays, les Kurdes défaits à Afrine se préparaient à l’éventualité de nouvelles attaques turques.
Ces deux fronts distincts, mais représentatifs de la complexité de la guerre en Syrie, ont entraîné l’une des pires crises humanitaires depuis le début du conflit en 2011, avec des dizaines de milliers de civils déplacés par les combats. Plusieurs ONG ont exprimé leur inquiétude et alerté sur le désespoir de ces populations. Pour échapper aux bombardements du régime sur le dernier fief insurgé près de Damas, près de 70 000 personnes ont fui les territoires rebelles dans la Ghouta au cours des derniers jours. Depuis le lancement de l’offensive du régime de Bachar el-Assad, le 18 février, ces bombardements ont tué plus de 1 450 civils, dont 297 enfants, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
En un mois d’opérations aériennes et terrestres, le régime, soutenu par son allié russe, a reconquis plus de 80 % de l’enclave rebelle et il s’avère plus que jamais déterminé à en reprendre le contrôle total. Plusieurs localités dans les trois poches tenues par la rébellion ont été pilonnées ces dernières 48 heures et des combats opposaient les rebelles aux forces du régime sur plusieurs fronts, selon l’OSDH. À Douma, grande ville rebelle, les ambulances peinent à évacuer les blessés alors que les bombardements continuent de s’abattre sur les quartiers. Au sud de Douma, 31 civils ont été tués lundi soir dans la localité de Arbine, dont 16 enfants dans un raid aérien qui a touché une école, toujours selon l’OSDH. « Le sous-sol de l’école était utilisé comme abri », a indiqué le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane, précisant que le raid avait probablement été mené par l’aviation russe.

Civils terrifiés
Le haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, Zeid Raad al-Hussein, a dénoncé les bombardements incessants de milliers de civils « terrifiés et pris au piège ». « Les familles fuient (la Ghouta), mais de nombreux civils craignent des représailles en raison de leur soutien présumé aux groupes de l’opposition », a-t-il affirmé. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a aussi tiré la sonnette d’alarme sur les conditions dans les centres d’accueil « saturés ».
Dans le même temps, à Damas, les jihadistes du groupe État islamique ont montré qu’ils restaient une menace, en s’emparant de la totalité d’un quartier où ils maintenaient une présence dans la périphérie sud de la capitale. « L’EI a pris le contrôle total de Qadam et 36 membres des forces du régime et combattants alliés ont été tués » dans les combats, a affirmé l’OSDH. Les jihadistes de l’EI, laminés en Syrie, maintiennent une présence dans des quartiers de la banlieue sud de Damas, notamment dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk ou encore dans le quartier de Hajar al-Aswad. À Damas encore, au moins 35 personnes ont été tuées hier dans un tir de roquette sur un marché de la banlieue de Jaramana, à l’est de la ville, a rapporté l’agence de presse SANA, qui a imputé l’attaque aux « rebelles de la Ghouta orientale ». C’est l’attaque la plus meurtrière qu’a connue la capitale syrienne, ces derniers mois, pour les tirs d’obus et de roquettes menés quotidiennement par les rebelles en représailles aux bombardements du régime sur la Ghouta.
Ailleurs en Syrie, au moins 9 civils d’une même famille, dont 4 enfants, ont été tués hier dans un raid aérien qui a touché un camp de déplacés informel dans la province d’Idleb, aux environs du village de Hass, a encore rapporté l’OSDH, sans être en mesure de préciser si le raid a été mené par le régime ou son allié russe. Ce camp accueillait des déplacés ayant fui les violences et l’avancée du régime dans la province voisine de Hama. Enfin, dans l’enclave kurde de Afrine, où l’offensive turque a déplacé des dizaines de milliers de personnes, le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge syrien ont distribué hier de l’aide dans la ville de Tal Rifaat, notamment du pain, de l’eau et des couvertures.
Source : AFP

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