Le candidat controversé du président américain Donald Trump à la tête de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l'ONU a affirmé lundi avoir convaincu les Etats membres qu'il n'était pas antimusulman, contrairement à des informations de presse.
Ken Isaacs s'est mis en congé de son poste de vice-président de l'ONG humanitaire chrétienne Samaritan's Purse ("Bourse du Samaritain") depuis que le président Trump l'a choisi le 1er février pour devenir le nouveau directeur général de l'OIM - un poste traditionnellement occupé par un Américain.
M. Isaacs est à Genève pour faire campagne avant le vote en juin des 169 Etats membres de l'OIM. Pour être nommé à ces fonctions, il faut au moins obtenir les deux tiers des voix. Mais sa candidature est devenue compliquée depuis que le Washington Post a publié une série de commentaires antimusulmans que M. Isaacs avait postés entre 2015 et 2017 sur les réseaux sociaux, mais qui ont depuis été retirés.
Devant les journalistes, M. Isaacs a déclaré lundi qu'il avait rencontré les représentants de dizaines d'Etats-membres de l'OIM, dont des nations musulmanes, et les avait convaincus qu'il n'était pas sectaire.
"Oui, ils ont été satisfaits", a-t-il dit, ajoutant qu'"après avoir parlé avec moi pendant une minute ou deux" et "avoir entendu ce que j'ai au fond du coeur", leurs interrogations au sujet de ces préjugés se sont dissipées.
"Je n'ai jamais fait preuve de discrimination contre quiconque, quel que soit le motif, un point c'est tout", a-t-il martelé. "Si (quelqu'un) a besoin d'aide, j'ai toujours été là."
Dans certains tweets publiés par le Washington Post, Ken Isaacs affirmait que le Coran "ordonne" aux musulmans de commettre des actes de violence et suggérait que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur les musulmans, exprimant des doutes sur le fait que l'islam soit une religion pacifiste.
La semaine dernière, CNN a révélé une autre série de messages retweetés par M. Isaacs, dont un posté par Robert Spencer, directeur de Jihad Watch, qui affirmait qu'il était impossible de faire une distinction entre "musulmans pacifiques" et "jihadistes".
"D'abord, je voudrais attirer votre attention sur mon profil en haut (sur Twitter) qui dit que retweeter ne signifie pas approuver", a-t-il répondu au sujet de CNN. "J'ai retweeté beaucoup de choses pour susciter des conversations."
M. Isaacs a estimé que ces accusations sont en contradiction avec son passé de travailleur humanitaire pendant plus de 30 ans dans des régions difficiles comme la Somalie, le Soudan du Sud et l'Afghanistan, où il a aidé des musulmans dans le besoin.
M. Isaacs est opposé à deux candidats du Costa Rica et du Portugal, mais il a souligné qu'il était "probablement le mieux qualifié" et le seul avec une expérience de terrain.


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