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Turquie : nouvelle décision d'une haute cour en faveur d'un journaliste détenu

La Cour constitutionnelle turque a jugé vendredi que la détention provisoire d'un journaliste arrêté après le putsch manqué de 2016 constituait une "violation de ses droits", deux mois après une décision similaire restée lettre morte.

Cet arrêt survient alors que la Cour européenne des droits de l'Homme doit rendre sa propre décision la semaine prochaine sur la mise en détention provisoire de Sahin Alpay, incarcéré depuis fin juillet 2016.

La Cour constitutionnelle turque avait demandé en janvier la remise en liberté provisoire de M. Alpay et de son confrère Mehmet Altan également détenu, évoquant "une violation de la liberté d'expression et de la presse et une violation du droit à la sécurité et à la liberté".

Les deux journalistes sont accusés de liens avec la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, attribuée par les autorités turques au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.

Sahin Alpay est un ancien chroniqueur du quotidien Zaman, fermé pour ses liens avec M. Gülen. Mehmet Altan est un journaliste qui a aussi rédigé plusieurs ouvrages politiques. Incarcéré depuis septembre 2016, il a été condamné le mois dernier à la prison à vie pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel".

Inédite depuis l'instauration de l'état d'urgence fin juillet 2016, la décision en janvier de la Cour constitutionnelle avait suscité l'optimisme des organisations de défense des droits de l'Homme. Mais le jour même, après avoir examiné leurs dossiers, deux tribunaux d'Istanbul avaient tranché pour le maintien en détention de MM. Altan et Alpay.

Les avocats des deux journalistes ont à nouveau saisi la Cour constitutionnelle, qui a rendu vendredi un nouvel arrêt favorable à M. Alpay, selon l'agence étatique Anadolu. Elle a également ordonné des dédommagements d'un montant de 20.000 livres turques (5.100 dollars) pour M. Alpay. La cour doit statuer sur le cas de M. Altan à une date ultérieure, ajoute l'agence.

L'étendue des purges engagées après le putsch manqué, au cours desquelles plus de 55.000 personnes ont été arrêtées, suscite l'inquiétude de l'opposition, d'ONG et des alliés occidentaux d'Ankara, qui dénoncent une démarche visant à faire taire toute voix critique.

La Cour constitutionnelle turque a jugé vendredi que la détention provisoire d'un journaliste arrêté après le putsch manqué de 2016 constituait une "violation de ses droits", deux mois après une décision similaire restée lettre morte.Cet arrêt survient alors que la Cour européenne des droits de l'Homme doit rendre sa propre décision la semaine prochaine sur la mise en détention provisoire de Sahin Alpay, incarcéré depuis fin juillet 2016.La Cour constitutionnelle turque avait demandé en janvier la remise en liberté provisoire de M. Alpay et de son confrère Mehmet Altan également détenu, évoquant "une violation de la liberté d'expression et de la presse et une violation du droit à la sécurité et à la liberté".Les deux journalistes sont accusés de liens avec la tentative de coup d'Etat du 15 juillet...