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Liban

Le temps d’une soupe... à partir d’aujourd’hui, place Sassine

INITIATIVE

La présidente de l’association Achrafieh 2020, Carole Babikian Kokoni, explique le projet qu’elle mène avec la compagnie canadienne ATSA pour développer le dialogue et la culture dans la rue.

16/03/2018

Trois lieux de Beyrouth vont se présenter sous un autre jour à partir d’aujourd’hui vendredi 16 mars, jusqu’à dimanche. Les habitants sont invités à se rendre aujourd’hui place Sassine, de 11h à 13h 30 et de 16h à 18h, puis demain aux souks de Beyrouth, de 13h à 17h (une collaboration d’ATSA avec Zico House) et de nouveau à Achrafieh, dimanche, à la rue Monnot-Huvelin, de 13h à 18h, pour échanger avec des inconnus autour de sujets proposés par des médiateurs professionnels, le temps de déguster une soupe.
Carole Babikian, présidente d’Achrafieh 2020, explique en détail le projet, fruit de la coopération de deux organisations : Achrafieh 2020 et la compagnie canadienne ATSA (Quand l’art passe à l’action). Les deux ont en commun un même objectif, « associer les citoyens à la culture ». L’idée est de « transformer la façon de penser et d’agir du citoyen dans la ville », affirme Carole Babikian.
La soupe, repas simple et universel, sera partagée entre deux personnes qui ne se connaissent pas pour qu’elles puissent discuter d’un sujet qui leur tient à cœur. Toutes les idées sont bonnes à prendre. Un menu, non pas culinaire mais philosophique, proposera des pistes de discussion sur le vivre-ensemble ou encore l’appartenance à une communauté.
Des médiateurs canadiens et du Centre de médiation de l’Université Saint-Joseph seront présents pour assurer le bon déroulement de la discussion et aider les participants à faire une synthèse de leurs échanges en une phrase. Les participants au dialogue seront ensuite pris en photo avec une pancarte où sera inscrite une phrase, conclusion de ce dialogue. L’évènement ayant déjà eu lieu dans différents pays comme le Canada, le Burkina Faso ou encore la France, cette photographie sera intégrée dans un diaporama comprenant les synthèses de réflexion venant des quatre coins du monde.
Les élections législatives approchant, cet évènement risque d’avoir une saveur particulière, mais Carole Babikian, elle-même candidate aux élections à Beyrouth 1, insiste : « L’évènement est apolitique et a pour vocation de s’adresser à tous. La ville est à tout le monde et non pas à un parti politique. » « Ce qui est important, c’est le citoyen dans la ville quelles que soient ses convictions », martèle-t-elle.
Intégrer la culture dans la ville semble néanmoins une question politique. La présidente de l’association remercie le Conseil des arts du Canada pour le financement de ce projet, mais regrette que les financements libanais ne soient pas aussi volontaristes dans le domaine culturel.

Lieux emblématiques
Le choix de la place Sassine pour la première journée de cette initiative est « symbolique » pour Carole Babikian. L’un des principaux projets d’Achrafieh 2020 est de réhabiliter cette place et la réaménager en y ajoutant des espaces verts. La place Sassine, « c’est surtout un lieu de croisement entre les quartiers plus ou moins huppés d’Achrafieh ». L’endroit est donc propice à un dialogue diversifié du point de vue social, fait-elle remarquer.
Le choix des Souks de Beyrouth prolonge cette logique d’inclusion sociale, l’association profitant de la fréquentation du marché pour attirer l’attention des passants et amener les évènements culturels au cœur de leurs habitudes.
La journée piétonne qui sera organisée dimanche à Monnot-Huvelin, ultime évènement de cette initiative, permettra de synchroniser les deux ambitions de l’association : laisser les piétons investir ces lieux qui leur appartiennent tout en rapprochant des personnes qui n’auraient jamais dialogué entre elles sans cette occasion.
Pour Carole Babikian, la coopération avec ATSA semble être une évidence. Achrafieh 2020 s’est déjà fait connaître pour organiser de grandes journées piétonnes depuis 2012 dans le quartier d’Achrafieh ou pour initier dans le cadre de l’Heure de la planète (Earth Hour) l’extinction des éclairages des lieux emblématiques de Beyrouth afin de sensibiliser les Libanais au gaspillage d’énergie. Le but annoncé est « d’encourager l’économie de quartier, de faire découvrir aux citoyens leur ville à pied », souligne-t-elle.
L’association canadienne fait des installations artistiques interactives avec la population, comme par exemple à Montréal, où elle a installé d’immenses machines à laver afin que la population puisse y déposer des vêtements propres afin que les personnes dans le besoin puissent s’en servir.

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