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Culture

« Les objets m’ont appelée, ils m’ont simplement appelée ! »

Exposition

À partir d’éléments abstraits et de souvenirs, Bettina Khoury Badr raconte une histoire libre, laissée à l’interprétation de chacun.

Eva PELLERIN | OLJ
16/03/2018
« Je marchais dans Beyrouth et subitement, j’ai vu cette Vénus dans l’ombre d’une poubelle. Je l’ai vue et je me suis dit : ce que je vois, c’est de l’art. Cette image m’est restée en tête et je l’ai emmenée avec moi, dans mon atelier… » C’est ainsi que Bettina Khoury Badr explique le processus de création de son travail. À partir d’objets croisés sur son chemin, l’artiste emporte avec elle des souvenirs, des sensations, des émotions. Autour de ces fragments isolés, elle recrée un univers inspiré des couleurs et des matériaux de la vie. De ces tableaux (exposés à la galerie Art on 56th) émerge une sensibilité émouvante.
Dans ce monde plein, grouillant de petites choses, Bettina Khoury Badr a, un jour, senti qu’elle avait besoin de quelque chose d’intangible, un élément abstrait qu’elle voulait trouver. Elle s’est alors mise à regarder les objets et ils sont venus à elle : « Ils m’ont appelée, ils m’ont simplement appelée ! » Comme une coïncidence heureuse, ils se trouvent sur son chemin et l’artiste les saisit. « Ce sont des objets que j’ai trouvés et qui m’ont rappelé quelque chose d’intense. C’est cette intensité que j’ai voulu traduire visuellement. »
Une Vénus, un dé, un poisson… Les objets croisés par Bettina Khoury Badr forment un tout cohérent. En les juxtaposant, ils communiquent entre eux et se connectent pour l’artiste : « Je veux qu’ils coexistent ensemble, qu’ils créent quelque chose. Dans ce contexte, cela me permet de les lire. »
Le poisson suspendu n’est plus un poisson, chacun le perçoit et l’interprète à sa manière. La représentation de ces objets éveille un souvenir sensible, à l’instar de la madeleine de Proust. Ils nous invitent à imaginer notre propre histoire autour de ces tableaux. Ce qui compte, c’est avant tout le sentiment suscité par l’œuvre d’art. Le spectateur est tenté de déplacer les toiles afin de créer son propre puzzle. En référence au titre de l’exposition, « Still Life », Bettina Khoury Badr explique que, justement, la vie n’est pas immobile – « life is not still » –, elle est en mouvement. C’est ce processus dynamique, semblable à la vie, qu’elle traduit ici visuellement.

Art on 56th
Gemmayzé, jusqu’au 17 mars.

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