Des proches de détenus islamistes, reçus par le mufti de la République libanaise, Abdel Latif Deriane, ont a nouveau réclamé mercredi une amnistie générale, alors que des centaines d'islamistes en prison poursuivent leur grève de la faim.
Le cheikh Salem Rafeï, qui s'exprimait au nom des proches de ces détenus, a appelé le chef de l'Etat, Michel Aoun, à signer la loi d'amnistie générale. Il a indiqué s'être mis d'accord avec le mufti pour que ce dernier évoque ce dossier avec les responsables politiques afin que cette amnistie soit proclamée avant les élections législatives prévues le 6 mai. "Votre cause est la nôtre et nous n'accepterons aucune surenchère", a déclaré le mufti Deriane.
Mardi, des proches de détenus islamistes avaient manifesté devant le bureau du Courant du Futur présidé par le Premier ministre Saad Hariri à Tripoli au Liban nord. Dimanche, des échauffourées avaient opposé les forces de sécurité aux familles de détenus islamistes devant la prison de Roumieh, le plus grand établissement pénitentiaire du pays, où les détenus islamistes ont entamé jeudi dernier une grève de la faim. Le mouvement s'est étendu au cours du week end à deux autres prisons, celles de Jezzine (sud) et Kobbé (nord), selon le cheikh Nabil Rahim, un religieux sunnite de Tripoli.
Ce mouvement de protestation intervient après une déclaration, le 28 février, du président de la République Michel Aoun, qui avait assuré qu’il "ne signera aucune loi qui amnistierait les détenus condamnés – ou qui seront condamnés – pour avoir tué des soldats libanais".
Manifestant de manière régulière, ces familles, à l'instar des mouvements islamistes et salafistes du pays, réclament l'adoption d'une loi d'amnistie générale ne souffrant aucune exception, en référence aux dérogations prévues par le projet de loi pour les crimes de terrorisme et ceux qui ont occasionné des victimes civiles et militaires.
Une course contre la montre est désormais engagée pour l'adoption de cette loi, alors que la volonté de certaines des principales composantes politiques de faire voter ce texte avant les législatives de mai prochain se heurte aux difficultés techniques et politiques que cette loi pose.


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