Le président de la commission parlementaire des Télécoms et des médias, Hassan Fadlallah (Hezbollah), a appelé mardi la justice à se saisir d'une décision du ministre des Télécoms, Jamal Jarrah (courant du Futur), relative à l’attribution du marché de distribution d'internet dans le pays par fibre optique.
"Nous avons été informés d'un cahier de charges précis et que la société Ogero, en partenariat avec une société privée, a lancé l'appel d'offres", a affirmé M. Fadlallah à l'issue de la réunion de la commission. "Nous sommes toutefois en faveur d'un appel d'offres qui soit lancé par la direction des adjudications, en vertu de la loi, et nous sommes en faveur de la modification des textes en vigueur afin que tous les appels d'offres soient lancés par la direction des adjudications pour plus de transparence", a-t-il ajouté.
La direction d’Ogero, l’organisme public chargé de gérer le secteur des télécoms au Liban, a révélé le 13 février les résultats de l’appel d’offres lancé en décembre pour le déploiement de la fibre optique sur le territoire libanais. Ce chantier, qui doit permettre d’améliorer de façon significative la vitesse de la connexion internet au Liban – qui oscille actuellement entre 2 et 4 mégabits par seconde (Mb/s) en moyenne –, sera assuré par le chinois Huawei (en partenariat avec la société libanaise Serta Channels), le finlandais Nokia (avec Powertech) et l’américain Calix (avec BMB).
Le résultat de cet appel d’offres conclu le 5 février avait été annoncé moins d’un mois après que le Conseil d’État a décidé de suspendre l’autorisation accordée par le ministère des Télécoms en juin aux sociétés Global Data Services (GDS), Waves et Trisat, de déployer leur propre fibre optique jusqu’à l’abonné (Fiber to the Home) en utilisant les conduits d’Ogero, ou en creusant les leurs.
"La décision de M. Jarrah a été discutée en commission. Il y avait deux avis : l'un qui est en faveur d'une décision en Conseil des ministres pour valider cet appel d'offres, ou encore une loi à cet effet, et l'autre qui dit que la décision revient au seul ministre", a expliqué Hassan Fadlallah.
"Cette nouvelle décision vise-t-elle à contourner celle émise par le Conseil d'Etat?", s'est interrogé le député, avant d'appeler le Conseil d'Etat à se saisir de la décision de M. Jarrah.


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