Des proches de détenus islamistes réclamant une amnistie générale se sont rassemblés mardi matin devant le bureau du Courant du Futur présidé par le Premier ministre Saad Hariri à Tripoli au Liban nord, alors que des centaines de détenus islamistes poursuivent leur grève de la faim.
Dimanche, des échauffourées ont opposé les forces de sécurité aux familles de détenus islamistes devant la prison de Roumieh, le plus grand établissement pénitentiaire du pays, où les détenus islamistes ont entamé jeudi une grève de la faim.Le mouvement s'est étendu au cours du week end à deux autres prisons, celles de Jezzine (sud) et Kobbé (nord), selon le cheikh Nabil Rahim, un religieux sunnite de Tripoli.
Les familles coupent brièvement depuis plusieurs jours plusieurs axes routiers en signe de colère. De représentants des familles et des médiateurs du Comité des ulémas musulmans ont rencontré dimanche des représentants des prisonniers à Roumieh, qui ont assuré qu'ils poursuivraient leur grève de la faim jusqu'à la proclamation d'une amnistie générale, selon cheikh Rahim. Des représentants des familles ont également rencontré hier le ministre de l'Intérieur Nohad Machnouk.
Ce mouvement de protestation intervient après une déclaration, le 28 février, du président de la République Michel Aoun, qui avait assuré qu’il "ne signera aucune loi qui amnistierait les détenus condamnés – ou qui seront condamnés – pour avoir tué des soldats libanais".
Manifestant de manière régulière, ces familles, à l'instar des mouvements islamistes et salafistes du pays, réclament l'adoption d'une loi d'amnistie générale ne souffrant aucune exception, en référence aux dérogations prévues par le projet de loi pour les crimes de terrorisme et ceux qui ont occasionné des victimes civiles et militaires.
Une course contre la montre est désormais engagée pour l'adoption de cette loi, alors que la volonté de certaines des principales composantes politiques de faire voter ce texte avant les législatives de mai prochain se heurte aux difficultés techniques et politiques que cette loi pose.


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