Nous avons reçu le droit de réponse suivant du ministre d’État à la Lutte contre la corruption, Nicolas Tuéni, à l’éditorial de Issa Goraieb, « Le verdict des chiffres », paru dans notre édition du 3 mars :
« Le titre de votre article “Le verdict des chiffres” ne correspond pas dans la forme au texte, où le seul chiffre mentionné, à part les dates, c’est 143e rang sur 180. Sur le fond, cher M. Issa Goraieb, où étiez-vous durant ces 20 dernières années où tous les secteurs de l’État ont été dilapidés. Démentez-vous le dicton “Le silence est d’or” ? »
En ce qui concerne mon ministère, j’aimerais apporter les précisions suivantes :
1 – Le ministère d’État a été créé en janvier 2017. Il est notoire qu’aucun budget ne lui a été accordé et que tous les dossiers examinés et analysés ont été traités par des compétences bénévoles.
2 – Nous avons fait voter une loi donnant à tous les citoyens la liberté d’information sur tous les contrats passés par l’État.
3 – Nous avons fait appliquer la loi qui oblige que tous les marchés d’État passent obligatoirement par l’Inspection centrale et le Bureau des adjudications, y compris le projet d’électricité tant décrié.
4 – À titre d’exemple, la réduction de plus de 30 % du prix de la prison de Majdalaya, ou le prix de la concession de la zone franche de l’aéroport de Beyrouth qui a été multiplié par trois.
5 – Le ministère d’État a transféré plus de 50 dossiers de cas de corruption avérés à la justice ; à noter que toutes les plaintes reçues ont été traitées et satisfaites.
6 – Tous les moyens légaux mis à la disposition du ministère d’État ont été mis en œuvre.
7 – Le ministère d’État s’est exprimé sur toutes les chaînes de télévision libanaises afin de sensibiliser l’opinion publique aux phénomènes de la corruption. Ce fait a été reconnu en toute clarté dans l’article publié par Transparency International, fait que vous avez bien entendu omis de mentionner dans votre article.
J’espère, M. Issa Goraieb, que vos prochains articles et éditoriaux seront plus ciblés, plus transparents, plus complets et plus précis. Je ne demande que ça : il faut que la presse ait le courage de dénoncer en toute clarté et sans crainte ni pression financière ce phénomène de corruption dans lequel malheureusement est tombé le Liban ».
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Où étais-je ces 20 dernières années, Monsieur le Ministre d’État? Passablement occupé à dénoncer, entre autres scandales, ces mêmes irrégularités que vous êtes chargé de traquer et dont les plus graves et les plus flagrantes semblent avoir échappé à la perspicacité de votre département. Bravo pour le menu fretin que vous vous vantez d’avoir pris dans la nasse. Mais, pour reprendre vos propres termes, il faut avoir le courage de dénoncer plus clairement (et en visant bien plus haut) la corruption. Avez-vous seulement sursauté au spectacle de certains de vos collègues ministres échangeant publiquement les accusations de vol ?
I. G.

