Le président libanais Michel Aoun a demandé lundi au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, de faire pression sur les banques pour qu'elles assurent le financement des crédits immobiliers contractés par les particuliers, lors d'un entretien entre les deux hommes au palais de Baabda.
La Banque du Liban avait durci les modalités d’accès à son enveloppe d’environ un milliard de dollars de prêts subventionnés, débloqués dans le cadre de son dernier plan de relance de l’économie libanaise (circulaire n° 485 du 1er février 2018). Depuis, l'Établissement public de l’habitat (EPH) rencontre des difficultés pour convaincre les banques de financer ses demandes de prêts.
L’EPH, fondé en 1999 pour remplacer la Caisse indépendante de l’habitat, agit comme un intermédiaire entre les emprunteurs et les banques. Selon le mécanisme consacré, les ménages qui contractent un prêt via l’EPH ne remboursent que le capital aux banques pendant les 15 premières années, pendant que l’établissement prend de son côté en charge les intérêts pendant cette période. Les bénéficiaires remboursent ensuite à l’EPH les sommes engagées par ce dernier à leur place, diminuant ainsi le coût du crédit.
Il y a deux semaines, le chef de l'Etat avait demandé à l’Association des banques du Liban (ABL) de continuer d’accorder des crédits pour soutenir la classe moyenne.
"La Banque du Liban a donné aux banques la somme d'un demi-milliard de dollars en février dernier pour les crédits immobiliers afin de l'attribuer à ceux qui veulent acheter des biens immobiliers. Mais cette somme a été consommée en un mois, en raison d'une demande exceptionnelle", a de son côté déclaré M. Salamé à l'issue de cette rencontre, indiquant que "certaines banques ont donné des engagements au-delà de la somme à laquelle chacune avait droit". "Nous avons donc demandé aux banques de tenir leurs engagements", a-t-il ajouté.


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