Des statuettes et des rubans blancs : le cinéma français va célébrer vendredi soir, lors de la cérémonie des César, les films et acteurs de l'année, mais aussi afficher sa mobilisation contre les violences sexistes ou sexuelles faites aux femmes.
Plusieurs mois après l'onde de choc provoquée par l'affaire Weinstein, du nom du producteur américain accusé par des dizaines d'actrices de viol ou de harcèlement sexuel, plusieurs comédiennes françaises ont lancé la campagne #MaintenantOnAgit.
Sur le modèle du mouvement Time's up à Hollywood, il doit financer des actions d'associations en faveur des femmes.
"Ca fait longtemps qu'on aurait dû. Il a fallu cet épisode monstrueux à Hollywood pour qu'enfin tout le monde prenne conscience" de la situation, a estimé jeudi Alain Terzian, le patron des César.
En soutien à cette initiative, le gratin du cinéma, réuni à Paris, est invité à arborer un ruban blanc.
"Porter un ruban blanc, ce serait notre façon à nous, aux Françaises, aux Français d'exprimer notre solidarité", a renchéri l'actrice Julie Gayet, qui a produit "Grave" de Julia Ducournau, seule finaliste dans la catégorie reine de la meilleure réalisation, aux côtés de sept hommes.
Jusqu'ici, seulement 10% de femmes ont été nommées dans cette catégorie dans l'histoire des César. Seule Tonie Marshall a été récompensée en 2000 pour "Vénus Beauté (Institut)".
Lors de la soirée, l'académie des César va désigner le meilleur film de l'année : avec 13 nominations chacun, les favoris sont une grande fresque sur les années sida en France ("120 battements par minute"), et "Au Revoir là-haut" d'Albert Dupontel, adaptation d'un roman sur le destin de deux hommes pendant et après la Première Guerre mondiale.
Récompensé du Grand prix au festival de Cannes, "120 battements par minute" a notamment révélé l'Argentin Nahuel Perez Biscayart, également à l'affiche du Dupontel, et favori comme meilleur espoir masculin.
Devant et derrière la caméra, Albert Dupontel concourt lui dans la catégorie réalisateur, mais également acteur. Il affrontera notamment Jean-Pierre Bacri, organisateur de mariage dans "Le sens de la fête" (nommé dix fois) du duo formé par Olivier Nakache et Eric Toledano, Louis Garrel dans la peau de Jean-Luc Godard dans "Le Redoutable" ou Swann Arlaud, éleveur angoissé dans le premier film d'Hubert Charuel ("Petit paysan") nommé à huit reprises.
Côté actrice, le biopic de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara pourrait valoir une statuette à son interprète Jeanne Balibar, face à Charlotte Gainsbourg dans "La Promesse de l'aube" ou Karin Viard dans "Jalouse".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine