Une retentissante affaire criminelle vieille de près d'un siècle a resurgi ce week-end avec des fouilles dans une maison de l'ouest de la France pour retrouver un cadavre et la découverte d'un os humain.
En 1924, Guillaume Seznec avait été condamné au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, en Bretagne (Ouest) avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture. Mais le corps de Quémeneur n'a jamais été retrouvé et Seznec, condamné sans preuves, n'a jamais avoué.
Des fouilles pour retrouver ce corps ont été entamées samedi par une dizaine de bénévoles dans la cave et le cellier de l'ancienne maison de la famille Seznec, actuellement inoccupée. Après la découverte samedi d'un os humain et d'un morceau de pipe, les autorités ont repris le contrôle du chantier. Et les recherches ont repris dimanche cette fois sous le contrôle de la police. "La police scientifique est sur les lieux aujourd'hui", a déclaré à l'AFP, une des personnes à l'initiative des fouilles, Bertrand Vilain, auteur d'un livre sur l'affaire.
Ces nouvelles recherches font suite à la révélation, dans un ouvrage paru en 2015, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il a été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.
En ce jour ensoleillé de mai 1923, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui.
"Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois, ancien avocat de la famille, dans "Pour en finir avec l'affaire Seznec".
En 2015, M. Langlois avait demandé à la justice de procéder à des investigations dans l'ancienne maison familiale pour savoir si le corps y était enfoui. Le procureur avait rejeté cette demande, estimant qu'elle ne pouvait émaner que du condamné, de ses descendants ou des autorités judiciaires compétentes.