Un militant des droits de l'homme a été libéré en Ouzbékistan après avoir passé environ 12 ans en prison à la suite d'une manifestation antigouvernementale réprimée dans le sang, a indiqué samedi un groupe ouzbek de défense des droits de l'homme.
Isroïl Kholdarov, originaire d'Andijan, une ville dans l'est du pays qui a été le théâtre d'une manifestation de protestation violemment réprimée en 2005, a été libéré de prison cette semaine à Tachkent, la capitale, a précisé à l'AFP un membre de ce groupe, Abdourakhmon Tachanov.
"Il va bien, il veut se reposer un peu et passer quelques examens médicaux", a raconté M. Tachanov, en ajoutant qu'Isroïl Kholdarov envisageait de revenir à Andijan.
En 2005, entre 300 et 500 manifestants, selon différentes estimations, ont été tués pendant une manifestation à Andijan réprimée par les forces de l'ordre.
Membre du parti politique d'opposition Erk, interdit par les autorités, M. Kholdarov a alors dénoncé toutes les violations des droits de l'homme à Andijan.
Après la répression de la manifestation, il a quitté le pays pour demander un asile politique au Kirghizstan voisin, mais a été emmené en Ouzbékistan en 2006, dans des circonstances que ses partisans comparent à un enlèvement.
Condamné ensuite à six ans de prison, il a vu sa condamnation prolongée à deux reprises alors qu'il était en détention.
Steve Swerdlow, chercheur pour l'Asie centrale, chez l'ONG Human Rights Watch, a salué cette libération comme un "vrai moment de joie", tout en appelant les autorités ouzbèkes à "libérer toutes les autres personnes détenues pour avoir pratiqué paisiblement leur liberté d'expression".
Début février, un journaliste ouzbek a déjà été libéré en Ouzbékistan en bénéficiant d'une grâce présidentielle après avoir passé neuf ans en prison.
Au total, un peu plus d'une dizaine de journalistes et défenseurs des droits de l'homme ont été libérés en Ouzbékistan depuis la mort en 2016 du président Islam Karimov, qui a dirigé cette ex-république soviétique d'une main de fer pendant 27 ans, et l'arrivée au pouvoir de son successeur Chavkat Mirzioïev.
Premier ministre de 2003 à 2016, M. Mirzioïev a été associé de longue date au pouvoir d'Islam Karimov.
Depuis son élection au poste du président en décembre 2016, il a donné cependant de timides signes d'assouplissement du régime: il a gracié une dizaine de prisonniers politiques et affirmé vouloir réformer l'économie ouzbèke, entièrement sous contrôle de l'Etat.


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