Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a insisté lundi à Bagdad pour que les jihadistes français arrêtés en Irak y soient jugés mais a rejeté catégoriquement la peine de mort, qui figure dans l'arsenal juridique de ce pays.
Deux Françaises ainsi qu'une Tchétchène demandant l'asile en France sont détenues dans la capitale irakienne pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) et sont en attente de procès. Elles risquent la peine de mort.
"Ces femmes ont été des combattantes contre la France. Elles ne sont pas venues en Irak faire du tourisme. Elles sont venues en Irak combattre nos valeurs", a déclaré Jean-Yves Le Drian en marge d'une visite consacrée à la reconstruction de l'Irak. "Elles devront être jugées sur les lieux de leurs crimes, c'est-à-dire en Irak", a-t-il insisté en rappelant que seuls les enfants de jihadistes étaient susceptibles d'être rapatriés en France. "C'est vrai que la peine de mort existe en Irak mais elle existe aussi aux Etats-Unis. Ce n'est pas un cas spécifique", a-t-il relevé.
Le ministre a toutefois précisé que la France faisait toujours savoir son opposition à la peine capitale et qu'il évoquerait la question avec le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. "Comme chaque fois qu'un Français est potentiellement condamné (à mort), nous agissons de manière très forte pour faire connaître notre position. Mais pour l'instant la procédure n'a pas commencé" en Irak, a-t-il noté.
Sept Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde, dont Serge Atlaoui, jugé en Indonésie pour trafic de drogue. La France a adopté la même position pour les jihadistes français arrêtés en Syrie.
Cette "jurisprudence" suscite de vifs débats alors que la peine de mort pour "terrorisme" est appliquée en Irak et qu'aucune juridiction relevant d'un Etat souverain n'est en place dans certaines régions reprises à l'EI en Syrie.
Le 22 janvier, une Allemande a ainsi été condamnée à mort en Irak pour avoir rejoint l'EI, une première pour une femme européenne. En décembre, un Suédois d'origine irakienne avait été exécuté pour "terrorisme".
Quelques dizaines de Français se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak et en Syrie avec plusieurs dizaines de mineurs, d'après une source proche du dossier. En Irak, six familles de jihadistes ont été signalées aux autorités françaises mais seules les trois femmes actuellement détenues à Bagdad ont été identifiées et localisées.
Ces femmes avaient été capturées après la chute de Mossoul en juillet. L'une d'elles, 28 ans et originaire de la région lilloise, est partie en zone irako-syrienne en 2015 avec son mari, qui aurait été tué. Elle a été arrêtée avec sa fille, née sur place. Melina, 27 ans, originaire de Seine-et-Marne et partie en 2015, est détenue avec son enfant de quelques mois. Ses trois premiers enfants ont été rapatriés en décembre en France.
Au titre de la protection consulaire, le consulat de France s'assure qu'elles sont détenues dans des conditions satisfaisantes et qu'elles bénéficieront d'un procès équitable.
Deux Françaises ainsi qu'une Tchétchène demandant l'asile en France sont détenues dans la capitale irakienne pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) et sont en attente de procès. Elles risquent la peine de mort.
"Ces femmes ont été des combattantes contre la France. Elles ne sont pas venues en Irak faire du tourisme. Elles sont venues en Irak combattre nos valeurs", a déclaré Jean-Yves Le Drian en marge d'une visite consacrée à la reconstruction de l'Irak. "Elles devront être jugées sur les lieux de leurs crimes, c'est-à-dire en Irak", a-t-il insisté en...


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