La justice pakistanaise a condamné mercredi un homme à mort et cinq autres à la prison à perpétuité pour le lynchage d'un étudiant accusé de blasphème, une affaire qui avait provoqué un tollé dans ce pays musulman conservateur.
Mashal Khan, 23 ans, avait été dénudé, battu et blessé par balle en avril avant d'être jeté du deuxième étage de sa résidence étudiante à l'université Abdul Wali Khan dans la ville de Mardan (nord-ouest).
Cinquante-deux étudiants comparaissaient pour ce lynchage aux côtés de cinq employés de l'université. "L'un des accusés a été condamné à mort, (cinq) ont pris la perpétuité et 26 ont été acquittés", a indiqué à l'AFP Me Saad Abbasi, qui défendait 40 étudiants, depuis la prison où le verdict a été annoncé à Haripur (ouest).
Imran Sultan Mohammad, qui a admis avoir tiré sur Mashal Khan, a été condamné à la peine capitale. Vingt-cinq autres accusés ont écopé de trois ans de prison, a poursuivi Me Abbasi, ajoutant qu'il ferait appel du verdict.
Quelque 300 policiers et membres de commandos d'élite avaient été déployés autour de la prison où les accusés étaient détenus, avant le prononcé du verdict.
Une centaine de leurs proches, qui attendaient devant les grilles de l'établissement pénitentiaire, ont protesté contre ces condamnations. "Un jour viendra où le juge devra en répondre devant Dieu. Le verdict qu'il a annoncé est injuste. Nous ne l'acceptons pas car c'est de la cruauté", s'est indigné Waheedullah, père d'un des condamnés à trois ans de prison. "Où est-il écrit dans la loi qu'il faut punir 57 personnes dans le cas d'un seul meurtre ?" s'est de son côté interrogé Fida Muhammad, l'oncle d'un des accusés, pestant contre les huit mois passés en prison par les 26 acquittés.
Ce meurtre particulièrement brutal, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, avait provoqué des manifestations dans le pays et avait été largement condamné, y compris par des dignitaires religieux. Les participants au lynchage avaient été retrouvés grâce à des images de caméras de vidéosurveillance et des clips vidéos. Un rapport d'enquête de la police avait innocenté des mois plus tard Mashal Khan, émettant l'hypothèse d'un complot de la part d'étudiants rivaux.
Le blasphème, sujet extrêmement sensible au Pakistan, est puni par des lois très sévères prévoyant jusqu'à la peine de mort. De simples accusations peuvent entraîner des lynchages et des meurtres.
Les détracteurs de la loi soulignent qu'elle est régulièrement détournée. De fausses accusations sont ainsi utilisées pour régler des différends personnels ou faire taire les voix libérales.
Depuis 1990, 65 personnes ont été ainsi assassinées pour blasphème par des groupes d'individus, selon le Centre pour la recherche et les études sécuritaires.
Mashal Khan, 23 ans, avait été dénudé, battu et blessé par balle en avril avant d'être jeté du deuxième étage de sa résidence étudiante à l'université Abdul Wali Khan dans la ville de Mardan (nord-ouest).
Cinquante-deux étudiants comparaissaient pour ce lynchage aux côtés de cinq employés de l'université.
"L'un des accusés a été condamné à mort, (cinq) ont pris la perpétuité et 26 ont été acquittés", a indiqué à l'AFP Me Saad Abbasi, qui défendait 40 étudiants, depuis la prison où le verdict a été annoncé à Haripur (ouest). Imran Sultan Mohammad, qui a admis...


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