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Nos lecteurs ont la parole - Joe Acoury

La politique de l’expérience sioniste

Ronald Laing : « Il y a un phénomène curieux : notre civilisation produit des gens qui se remuent beaucoup pour comprendre et préserver le réseau de communications qui régit tous les aspects de l’univers, conçu comme un village global. Et, au même moment, elle sécrète un aveuglement total sur elle-même, sur son propre contenu – aveuglement qui semble contredire le désir qu’elle a de bien fonctionner. En d’autres termes, il semble que notre civilisation soit celle du paradoxe : elle engendre en même temps une hyperlucidité frénétique sur l’enchaînement de ses processus. Et un aveuglement farouche quant à la portée de ces processus mêmes. » (1)
Israël défend des convenances démocratiques, cultive la dévalorisation subtile des distinctions plurielles et fait prévaloir l’arrogante verticalité des droits autoproclamés. Ses armes psychologiques se composent d’intelligences sournoises et discriminatives. Elles réactualisent l’exode des populations arabes, conviennent à des pouvoirs corrompus et profitent à des terrorismes multiples. Israël appuie les intolérances intra et interreligieuses pour la division accélérée du monde arabe.
Le terrorisme criminel et sauvage ébranle et déconstruit les sociétés jusqu’à annihiler des structures d’État.
Il repositionne des minorités sacrifiées au diapason des accords ultimes et des cohabitations impossibles.
Les inégalités et les divisions déchirent les rapports de coexistence et retardent des causes légitimes pour rassurer les besoins sécuritaires de l’État sioniste.
Au Moyen-Orient, la paix ne repose pas sur la gérance du droit international initial, mais sur les conséquences des guerres et des usures provoquées. Les pourparlers insistent davantage à sauver ce qui reste après les désastres, selon de propices convenances aux projets de reconstruction.
La politique de l’expérience séparatiste est proprement sioniste. Elle entretient et indique une même trajectoire en Palestine et dans le monde arabe. Celle de la prévalence de la suprématie, de la division, du conflit et de l’affrontement.
 « ... Une chose est sûre, le sionisme n’est pas une continuité… Il déracine et détruit. » (2)
Les adhérences religieuses non sionistes devraient être ainsi perçues de par le monde comme des différences incompatibles et des intolérances insolvables dans des espaces géographiques séparés et éloignés !


1. Interview faite par Élisabeth Antébi : « Qui est fou ? » avec Ronald Laing
Élisabeth Antébi et L’Express du 23-29 juillet 1973.

2. De Haim Hazaz (1898-1973), écrivain et idéologue sioniste d’origine russe, réf, Comprendre l’État d’Israël, Yakov Rabkin 2014.

Ronald Laing : « Il y a un phénomène curieux : notre civilisation produit des gens qui se remuent beaucoup pour comprendre et préserver le réseau de communications qui régit tous les aspects de l’univers, conçu comme un village global. Et, au même moment, elle sécrète un aveuglement total sur elle-même, sur son propre contenu – aveuglement qui semble contredire le désir qu’elle a de bien fonctionner. En d’autres termes, il semble que notre civilisation soit celle du paradoxe : elle engendre en même temps une hyperlucidité frénétique sur l’enchaînement de ses processus. Et un aveuglement farouche quant à la portée de ces processus mêmes. » (1)Israël défend des convenances démocratiques, cultive la dévalorisation subtile des distinctions plurielles et fait prévaloir l’arrogante...
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