Un cardinal de Hong Kong a ouvertement attaqué le Vatican sur sa politique de rapprochement avec la Chine, en s'insurgeant contre une décision de remplacer un évêque chinois nommé par Rome par un évêque excommunié choisi par le régime communiste de Pékin.
Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, est depuis très longtemps un adversaire ouvert des tentatives de rapprochement entre le Vatican et Pékin.
Dans une lettre ouverte, publiée lundi sur son compte Facebook, il évoque le cas de l'évêque chinois Peter Zhuang Jianjian, qui exerce à Shantou, dans la province de Guangdong (sud-est) et précise qu'il a personnellement plaidé sa cause auprès du pape en janvier.
Le cardinal de 86 ans confirme une information parue sur le site d'information AsiaNews, selon laquelle Mgr Zhuang (88 ans) aurait été prié par un haut diplomate du Vatican de prendre sa retraite pour laisser son poste à l'évêque Joseph Huang Bingzhang, nommé sans l'aval du pape et même excommunié en 2011.
"Est-ce que je pense que le Vatican est en train de vendre l'Eglise catholique en Chine? Oui, absolument", souligne le cardinal émérite de Hong Kong, qui juge que "le gouvernement communiste est en train de mettre en place des nouveaux règlements plus stricts pour limiter la liberté religieuse".
Le cardinal laisse aussi entendre que le pape n'a pas été tenu au courant d'une décision qu'il n'approuve pas, une accusation toutefois démentie mardi par le porte-parole du Vatican Greg Burke.
"Le pape est en contact constant avec ses collaborateurs, en particulier au sein du Secrétariat d'Etat, sur les questions concernant la Chine", a spécifié Greg Burke dans un communiqué, ajoutant que le pape était informé "fidèlement et en détail".
Le porte-parole ne fait toutefois aucun commentaire sur l'éventuelle réhabilitation d'un évêque excommunié, à l'instar des autorités chinoises.
Au Vatican, deux lignes s'opposent depuis des années : la première, autour du cardinal secrétaire d'Etat Pietro Parolin, estime qu'il faut faire montre de souplesse avec la Chine et que le gouvernement répondra en accordant plus de libertés aux catholiques. La seconde critique vivement cette approche, estimant que le régime chinois n'a pas vraiment évolué par rapport au passé.
Le Vatican et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951. La douzaine de millions de catholiques chinois est divisée entre une "Association patriotique", dont le clergé est choisi par le Parti communiste, et une Eglise non officielle, dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Pékin.
Depuis son élection début 2013, le pape François cherche à se rapprocher du régime chinois. Un accord en préparation depuis des mois vise à reconnaître certains évêques de l'Association patriotique.
Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, est depuis très longtemps un adversaire ouvert des tentatives de rapprochement entre le Vatican et Pékin.
Dans une lettre ouverte, publiée lundi sur son compte Facebook, il évoque le cas de l'évêque chinois Peter Zhuang Jianjian, qui exerce à Shantou, dans la province de Guangdong (sud-est) et précise qu'il a personnellement plaidé sa cause auprès du pape en janvier.
Le cardinal de 86 ans confirme une information parue sur le site d'information AsiaNews, selon laquelle Mgr Zhuang (88 ans) aurait été prié...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine