Édition

Le 22e prix Phénix à Xavier Baron

Christiane Audi entourée de Xavier Baron et d’Alexandre Najjar.

C’est à la villa Audi que le prix Phénix a été remis à Xavier Baron pour son livre Histoire du Liban paru aux éditions Tallandier. Le prix, qui en est à sa 22e édition, est décerné par un jury composé de romanciers ou journalistes libanais ou français. Attribué chaque année à un écrivain libanais d’expression française ou à un écrivain francophone ayant écrit sur le Liban, il a déjà récompensé, entre autres, Ghassan Salamé, Georges Corm, Samir Kassir, Samir Frangié ou May Chidiac, et des romanciers comme Charif Majdalani, Dominique Eddé ou Percy Kemp.
Prenant la parole au nom de Raymond Audi, Christiane Audi a renouvelé l’engagement de Bank Audi, sponsor du prix, « à soutenir l’art et la culture sous toutes leurs formes dans le contexte d’une politique de mécénat visant à mettre en valeur le patrimoine libanais » et a rappelé le parcours de Xavier Baron, ancien responsable des bureaux de l’AFP en Afrique, au Proche-Orient, en Europe et en Asie, qui a été en poste à Beyrouth de 1971 à 1978 et de 1982 à 1984, avant d’être nommé directeur régional de l’agence au Proche-Orient de 1987 à 1993. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont Les Palestiniens : genèse d’une nation et Histoire de la Syrie, de 1918 à nos jours, le lauréat de la 22e édition a été récompensé pour son dernier livre qui est « une histoire complète du Liban, solide et documentée (…), qui se lit comme un roman ».
Responsable du prix, Alexandre Najjar s’est exprimé à son tour pour saluer l’œuvre de Xavier Baron : « Dans un style clair et précis, il parvient à retracer l’histoire du pays du Cèdre d’une manière limpide, sans tomber dans le piège de la superficialité. Sa profonde connaissance du Liban et du Proche-Orient, sa clairvoyance, le recul qui lui a permis d’analyser à froid des problèmes en apparence incompréhensibles en les replaçant dans leur contexte font de son livre un outil précieux. » En partant du pacte national, Xavier Baron analyse ensuite la fameuse formule de Georges Naccache, « deux négations ne font pas une nation », puis passe en revue les différents mandats présidentiels, confrontés à la crise de 1958, à « la guerre civile », à l’occupation israélienne et à la tutelle syrienne. Dans les derniers chapitres de son livre, l’auteur brosse un panorama non plus historique mais politique du Liban, en évoquant la reconstruction du pays après les accords de Taëf, l’assassinat de Rafic Hariri et le rôle accru du Hezbollah. Avec amertume, il évoque enfin ce qu’il appelle « la déliquescence du système politique libanais », tempérée selon lui par une volonté de vivre ensemble toujours présente, reprenant à son compte les thèses du regretté Samir Frangié à cet égard.
 Xavier Baron a ensuite pris la parole pour évoquer ses liens avec le Liban et saluer le travail extraordinaire de l’équipe libanaise de l’AFP pendant la guerre qui « n’a pas manqué un seul jour de travail et a toujours réussi à garder les transmissions en bon état de fonctionnement ». Insistant sur le fait qu’il a toujours été bien reçu par tous les chefs de guerre et hommes politiques de l’époque, il a affirmé que le Liban était resté présent dans sa mémoire, d’où l’écriture de ce livre qui se veut didactique « sans être polémique »… Il a ensuite reçu son prix des mains de Christiane Audi, ainsi qu’une médaille de la Monnaie de Paris représentant Europe, partie des rivages du Liban, symbole des liens indéfectibles qui unissent l’Orient et l’Occident.


C’est à la villa Audi que le prix Phénix a été remis à Xavier Baron pour son livre Histoire du Liban paru aux éditions Tallandier. Le prix, qui en est à sa 22e édition, est décerné par un jury composé de romanciers ou journalistes libanais ou français. Attribué chaque année à un écrivain libanais d’expression française ou à un écrivain francophone ayant écrit sur le...