Le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, le 27 janvier 2018. AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Clivant, hautain et trop occupé à courir après l'extrême droite: à peine élu à la tête de la droite française, Laurent Wauquiez est déjà fortement contesté au sein de son parti des Républicains qui tient son Conseil national samedi.
Au moment de la désignation du bureau politique, sorte de parlement du parti, le quadragénaire aux cheveux gris va tenter de recoller les morceaux d'une droite éclatée depuis son fiasco à l'élection présidentielle. Mais l'exercice s'annonce compliqué par les nombreuses inimitiés que s'attire Laurent Wauquiez qui veut s'affirmer comme le principal opposant au président centriste Emmanuel Macron.
Un mois à peine après avoir été élu sur un programme résolument à droite, M. Wauquiez affronte déjà une fronde interne. Membre de sa majorité, Philippe Langenieux-Villard en a même fait un livre dont le titre est sans équivoque: "Le Dangereux". L'auteur y décrit la "menace" de "voir accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat un homme dangereux par son caractère, ses méthodes et, pire, son idéologie changeante".
Concurrents malheureux de l'élection interne, Florence Portelli et Maël de Calan reprochent, eux, à M. Wauquiez d'accorder une trop faible représentation de leurs proches au sein des instances dirigeantes. "Si Laurent Wauquiez est le premier stalinien de l'histoire de la droite, ce sera sans moi", a asséné Florence Portelli, dénonçant "des propos un peu méprisants, voire misogynes".
Au sein des Républicains, certains reprochent à M. Wauquiez de "courir après le Front national", le parti d'extrême droite de Marine Le Pen en insistant sur l'immigration et en critiquant l'Europe et la mondialisation.
Invité jeudi soir de "L'Emission politique" sur la chaîne France 2, M. Wauquiez a martelé qu'il ne fallait pas laisser "le monopole du discours sur l'immigration au Front national". "Ça fait trop d'années que la droite a capitulé, qu'elle a renoncé à aborder un certain nombre de thèmes", a insisté M. Wauquiez, qui veut "diminuer au moins de moitié le niveau d'immigration actuel et la ramener au dessous de la barre des 100.000" annuels.
Mais l'opinion publique semble pour l'instant sceptique, à en croire les sondages. Selon une étude de l'institut Odoxa publiée jeudi, il sa cote d'adhésion est de seulement 15%. D'après ce sondage, 57% des Français estiment qu'il n'est "pas compétent", 61% "pas sympathique" et 64% "pas honnête".


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