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Économie - Diplomatie Économique

Donald Trump arrivé à Davos, « dans la gueule du loup »

La récente décision du président américain de réduire nettement le taux d’imposition des entreprises a de quoi plaire aux responsables financiers et aux PDG. Photo Reuters

« Ce seront deux journées passionnantes ! » a promis Donald Trump, arrivé hier à Davos, où le gratin de l’économie et de la finance mondiales se demande quel visage va lui montrer l’imprévisible président américain. « C’est très excitant d’être ici, nous sommes très contents. Les États-Unis vont très bien », a-t-il dit à son arrivée, en début d’après-midi, au centre des congrès de la station de ski chic des Alpes suisses. Son arrivée a déjà bousculé la routine de tables rondes et discours consensuels qui rythment depuis mardi le Forum économique mondial. Les grands patrons, banquiers et responsables politiques en tous genres, pourtant rompus à la fréquentation des puissants, ont tenté de le photographier avec leurs smartphones. « On peut lui jeter des choses dessus ? » a demandé une dame. « J’ai une pomme dans mon sac », a proposé sa voisine. Tout à l’inverse, Deborah O’Hara Rusckowski, 58 ans, fervente admiratrice, a crié : « Yes president ! » Et fait dédicacer par Donald Trump un ouvrage qui voit dans son élection « la main de Dieu ».

« Excellente relation »
Le président américain a commencé par deux entretiens bilatéraux. D’abord avec la Première ministre britannique Theresa May, dans l’intention visiblement de solder plusieurs mois de brouille entre les deux pays alliés. Donald Trump a parlé de son « immense respect » pour celle qu’il a dans le passé attaquée avec virulence sur Twitter. Theresa May a abondé dans son sens : « C’était un grand plaisir de vous voir. » Tous deux ont vanté « l’excellente relation » entre le Royaume-Uni et les États-Unis, pourtant sérieusement cabossée. Donald Trump a aussi eu une rencontre très chaleureuse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et s’en est vivement pris aux dirigeants palestiniens, qui ont snobé la semaine dernière une visite du vice-président américain Mike Pence (voir page 6).
Mais ce que Davos attend vraiment, c’est le discours prévu aujourd’hui de l’ancien magnat de l’immobilier. « Ce qui est le plus fascinant chez le président Trump, c’est sa capacité à surprendre et je suis sûr que nous serons surpris », a déclaré à l’AFP l’ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb, désormais vice-président de la Banque européenne d’investissement. Premier président américain à se rendre au Forum économique mondial depuis Bill Clinton en 2000, Donald Trump n’y a pas que des ennemis.

Discorde autour du dollar
Sa récente décision de réduire nettement le taux d’imposition des entreprises, la flambée de Wall Street et la robuste croissance des États-Unis ont de quoi plaire aux responsables financiers et aux PDG. Mais son discours protectionniste et ses sorties intempestives sur des sujets géopolitiques sensibles tranchent avec le ton très consensuel prisé à Davos. « C’est vrai que les gens apprécient le dynamisme des marchés et la réforme fiscale annoncée aux États-Unis, mais ils sont aussi très nerveux face aux tensions géopolitiques mondiales et donc partiellement à cause de Trump », a souligné auprès de l’AFP Robert Kaplan, analyste au Centre pour la nouvelle sécurité américaine. Pour William Allein Reinsch, du Center for International and Security Studies, dire que Donald Trump « se jette dans la gueule du loup est une bonne métaphore ».
Les sorties de son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin sur le cours du dollar n’ont rien arrangé. Le haut responsable américain a envoyé l’euro à son plus haut niveau depuis trois ans en estimant mercredi à Davos qu’un dollar faible était « bon » pour les États-Unis, une mauvaise nouvelle pour les exportateurs européens. Hier soir, le président américain a néanmoins assuré qu’il était en faveur d’un « dollar fort ».
Le dollar « devrait être basé sur la force du pays, nous faisons si bien que notre pays redevient économiquement fort (...) et finalement je veux voir un dollar fort », a affirmé M. Trump, interrogé par la chaîne CNBC au forum économique de Davos.
Il a ajouté que les propos de son ministre des Finances la veille sur les bienfaits pour les États-Unis d’un « dollar plus faible », qui ont fait fortement chuter le billet vert, avaient été « pris hors contexte ».
Source : AFP

« Ce seront deux journées passionnantes ! » a promis Donald Trump, arrivé hier à Davos, où le gratin de l’économie et de la finance mondiales se demande quel visage va lui montrer l’imprévisible président américain. « C’est très excitant d’être ici, nous sommes très contents. Les États-Unis vont très bien », a-t-il dit à son arrivée, en début d’après-midi, au centre des congrès de la station de ski chic des Alpes suisses. Son arrivée a déjà bousculé la routine de tables rondes et discours consensuels qui rythment depuis mardi le Forum économique mondial. Les grands patrons, banquiers et responsables politiques en tous genres, pourtant rompus à la fréquentation des puissants, ont tenté de le photographier avec leurs smartphones. « On peut lui jeter des choses dessus...
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