Le ministre libanais de l'Environnement, Tarek el-Khatib, a réclamé jeudi au procureur du Mont-Liban en charge des affaires environnementales des poursuites à l'encontre du président de la municipalité de Beit Chabab et contre X pour pollution des fleuves et du bord de mer suite au déversement sauvage des déchets, rapporte la chaîne LBCI.
Tarek el-Khatib a également annoncé souhaiter régler le problème des décharges sauvages dans les régions du Chouf et de Aley en transportant les détritus vers la décharge de Costa Brava afin qu'ils y soient traités.
Lors d'une tournée mercredi dans le Metn, le ministre avait affirmé depuis Beit Chabab que les déchets étaient "jetés de manière anarchique" dans les cours d’eau, réfutant la thèse selon lesquels les déchets qui s'étaient déversés sur le littoral au cours du week-end provenaient de la décharge de Bourj Hammoud. Il s'en était pris au président de la municipalité de Beit Chabab, Élias Achkar, pour avoir permis le déversement des déchets dans la vallée, une pratique généralisée dans la région.
Par ailleurs, le président de l'Inspection centrale libanaise, le magistrat Georges Attié, a annoncé la formation d'une commission spéciale qui aura trois mois pour enquêter sur la question des décharges et dépotoirs sur tout le territoire libanais et soumettre ses recommandations.
Cette commission devra enquêter sur la façon dont les municipalités et les administrations concernées ont traité le problème des déchets, et déterminer quel impact sur l'environnement et la santé ont eu le recours à l'accumulation des déchets dans les décharges et dépotoirs.
Elle aura trois mois, à compter de la date à laquelle a été publiée la décision de l'Inspection centrale, pour écrire son rapport et ses recommandations.
M. Attié, avait déclaré mercredi, lors d'une interview, qu’une enquête avait été ouverte par l'Inspection centrale pour déterminer les responsabilités dans le scandale survenu dimanche sur le littoral du Kesrouan. En effet, suite à la tempête qui a touché le Liban le week-end dernier, les plages du littoral au nord de Beyrouth avait été recouvertes de détritus. Ce nouveau rebondissement de la crise des déchets a provoqué de vives tensions parmi les responsables, certains affirmant que les détritus proviennent directement de la décharge côtière de Bourj Hammoud (au nord de Beyrouth), d'autres qu'ils viennent de décharges sauvages et qu'ils ont été charriés par les cours d'eau. Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, avait notamment demandé la démission du ministre de l'Environnement, Tarek el-Khatib, ce dernier accusant M. Gemayel de mener une "campagne de désinformation", à des fins électorales.


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