Liban

« L’embarcation est pleine, un passager de plus et nous coulons », avertit Mouïn Merhebi

Déplacés
OLJ
25/01/2018

Reproches et réalisme ont marqué le discours tenu hier devant le chef de la délégation du CICR au Liban, Christophe Martin, par le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi.
« J’ai été très clair, a déclaré le ministre à l’issue de la réunion. Le Liban ne peut accepter de nouvelles entrées de déplacés syriens. Comparons-le à l’une de ces embarcations que des migrants empruntent pour franchir la Méditerranée. Un migrant de plus, et l’embarcation coule (…) Croyez-moi, il vaut mieux chercher à sauver les vies de 1,3 million de personnes qui sont là, plutôt que couler en essayant de porter secours à quelques milliers en plus. »
« Je regrette de tenir ce langage, mais le réalisme m’y oblige », a-t-il ajouté.
M. Merhebi s’est même fait menaçant : « La communauté internationale qui réclame un surcroît d’effort au Liban, en particulier certains de ses médias, doit s’adresser à cette fin aux pays riches. Nous sommes prêts à coopérer avec les pays qui nous réclament un surcroît de services. »
Et de souligner que le Liban n’a reçu qu’à peine 45 % de l’aide internationale qui lui a été promise, pour faire face aux besoins nouveaux générés par la présence des déplacés.
« Nous avons expliqué à toutes les parties que les régions lointaines, comme le Akkar, le Hermel, Baalbeck, la Békaa ou Ersal, n’ont pas les infrastructures nécessaires pour offrir un accueil décent aux déplacés, a relevé M. Merhebi. Nous avons soulevé, l’an dernier, l’énorme problème de la nécessité d’un réseau d’égout à Ersal et, à ce jour, personne n’a bougé le petit doigt pour en assumer l’exécution, alors qu’il ne coûte pas plus de 10 millions de dollars. »
Par ailleurs, le ministre d’État est d’avis que les conditions en Syrie ne sont pas encore réunies pour un retour significatif des déplacés. Il en veut pour preuve la mort tragique de migrants qui tentaient de passer clandestinement au Liban durant la dernière tempête.
Toutefois, le ministre s’est dit persuadé qu’avec le progrès des pourparlers sur la Syrie, qu’il évalue en termes de mois, les conditions seront telles que les déplacés commenceront d’eux-mêmes à y rentrer en masse.Avant cela, il s’est dit hostile à tout retour, estimant que ce serait « envoyer les déplacés à la boucherie ».

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