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Dix ans de prison pour un projet d'attentat contre des militaires à Toulon

AFP
22/01/2018

Il avait commandé des cagoules et des armes: Hakim Marnissi, 27 ans, a été condamné lundi à Paris à dix ans d'emprisonnement pour avoir projeté d'attaquer des militaires à Toulon en 2015, ses dénégations n'ayant pas convaincu les juges.

Le tribunal correctionnel, qui jugeait le jeune Toulonnais pour association de malfaiteurs à visée terroriste, a assorti la peine --la plus lourde prévue par la loi-- d'une période de sûreté de moitié, et ordonné son maintien en détention.

Les juges ont estimé avoir "suffisamment d'éléments" pour caractériser son "projet de commettre un attentat" contre l'arsenal de Toulon, premier port militaire de Méditerranée, en attaquant des militaires "au couteau" pour "mourir en martyr".

A la suite d'une rupture amoureuse et d'une période de chômage, le jeune homme, qui travaillait dans la mode à commencé à s'isoler. "Je passais mes journées sur ordinateur", a-t-il expliqué au tribunal. En 2013, lui dont les parents n'étaient pas pratiquants avait commencé à fréquenter la mosquée.

C'est là qu'il a rencontré Mustapha Mokeddem, un jeune homme aux idées radicales - "les gens l'appelaient el-Qaëda" - qui venait de passer plusieurs mois en prison pour avoir proféré de violentes menaces contre Charlie Hebdo et acheté des couteaux pour "égorger" ses dessinateurs. Le 7 janvier 2015, le journal satirique a été la cible d'un attentat ayant fait 11 morts.

Au contact de Mokeddem, Marnissi s'est radicalisé à la vitesse de l'éclair. En 2014, Mokeddem lui avait parlé de la création d'un "Etat islamique" et l'avait convaincu d'y partir. Marnissi avait tenté à deux reprises, sans succès. Mokkedem, lui, avait fini par s'installer en Syrie fin 2014.

Désormais dans le radar des renseignements français, interdit de quitter le territoire, Hakim Marnissi s'était installé dans un foyer. En octobre 2015, ce dernier avait appelé la police après avoir reçu deux colis ouverts. L'un contenait des cagoules, l'autre un couteau avec une lame de 10 centimètres.

En garde à vue, il avait expliqué qu'à défaut de pouvoir rallier la Syrie, il avait été incité par Mokeddem à passer à l'action en France, contre l'arsenal de Toulon.
Il est revenu lundi sur ces propos, affirmant avoir été "piégé par les policiers" alors qu'il était en garde à vue.
"Il n'y avait aucun projet de passer à l'acte", a-t-il déclaré. Mokeddem avait évoqué une attaque contre l'arsenal "sur le ton de la rigolade", a-t-il assuré.
Son avocat, Me Xavier Nogueras, avait mis en garde le tribunal contre cette peine "couperet" et insisté sur "la force de sa famille, qui fait corps autour de lui".

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