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Avortement: des Polonaises manifestent contre le durcissement de la loi

AFP
13/01/2018

Quelque deux mille femmes ont manifesté samedi devant le parlement polonais qui avait décidé mercredi d'envoyer en commission un texte durcissant les conditions pour autoriser un avortement en Pologne, pays catholique où il est déjà fortement limité.

Réunies par un froid glacial à l'appel du parti de gauche Razem (Ensemble), les manifestantes ont crié leur colère contre la perspective de plus en plus réelle de supprimer de la loi en vigueur la possibilité d'interrompre la grossesse en cas de malformation du foetus.
Si l'amendement proposé par le Comité "Stop Avortement" est adopté en Pologne, l'IVG ne sera plus autorisée que dans deux cas: risque pour la vie ou la santé de la mère et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

Mercredi, le parlement a décidé aussi, par les voix de la majorité conservatrice de Droit et Justice (PiS) mais aussi celles d'une trentaine de députés de l'opposition libérale, de rejeter un deuxième projet d'initiative citoyenne, libéralisant l'IVG et intitulé "Sauvons les femmes 2017".

Le mercredi 10 janvier "est un jour de honte", a scandé Anna Karaszewska, une responsable du Comité "Sauvons les femmes 2017" faisant référence à l'attitude de certains députés de l'opposition.
"Les femmes dont les droits et libertés sont violés aujourd'hui, sont restées seules face à ce problème. Les députés nous ont déçues", a-t-elle déclaré.
"Le PiS fait passer son projet barbare. Les députés de l'opposition ont peur de leur propre ombre", a déclaré Agnieszka Dziemianowicz-Bak, du parti Razem, qui n'est pas représenté au parlement.
Les manifestantes portaient des banderoles avec des mots d'ordre "Sans les IVG légales, les femmes vont mourir" et "Honte!".

Depuis leur arrivée au pouvoir il y a deux ans, les conservateurs ont introduit plusieurs mesures alignées sur les vues de la puissante Église catholique.
Le gouvernement PiS a notamment mis fin dès mi-2016 au programme de financement de la fécondation in vitro par l'État. En mai 2017, il a limité l'accès à "la pilule du lendemain", désormais accessible uniquement sur prescription médicale.

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