Liban

Semeur de zizanie

Citoyen grognon
12/01/2018

Qu'a donc en tête le législateur libanais, lorsqu'il adopte des lois comme la grille des salaires ou la libéralisation des anciens loyers ? Certainement pas les intérêts du citoyen, ni même ses droits, pas plus que sa tranquillité d'esprit. Encore moins les intérêts de l'État, qui se voit contraint d'assumer les conséquences néfastes de décisions mal étudiées. En matière de confusion, difficile de faire mieux. Ces lois sont si tarabiscotées que même les experts juridiques peinent à en faire une lecture claire et simple. Sans parler du commun des mortels qui n'y comprend strictement rien. Et ne parvient pas à réclamer ses droits, à moins de débourser. Résultat, l'application de telles lois est hasardeuse, voire chaotique, même après amendements. Au petit bonheur la chance, quoi ! Sans compter qu'en procédant de la sorte, les autorités se posent non pas en arbitre neutre et bienveillant, mais en semeur de zizanie. Un rôle qu'elles auront parfaitement joué, montant les uns contre les autres les différents acteurs concernés, autrement dit les citoyens.

La libéralisation progressive des anciens loyers devait initialement réparer une injustice envers les propriétaires. Mais elle a sombré dans l'autre extrême. Sous le couvert d'une loi floue et compliquée, elle a complètement occulté le droit au logement des plus défavorisés. Depuis avril 2014, les anciens locataires à petit revenu sont poussés à quitter les villes. Une gentrification implacable, qui se vit comme un véritable cauchemar pour les personnes âgées sans revenu, coupées désormais de leur monde et de leurs habitudes. Rien ne réparera le préjudice qu'elles subissent, ni les légers amendements de la loi en faveur des anciens locataires, ni l'invite faite aux propriétaires et aux locataires de privilégier le dialogue. La controverse fait toujours rage, même après publication de la loi dans le Journal officiel, en février 2017. Propriétaires et locataires qui vivaient jusque-là en relative harmonie sont devenus les pires ennemis. Car la loi est toujours inapplicable dans certaines de ses clauses, la caisse d'entraide promise aux locataires défavorisés par le Premier ministre n'ayant toujours pas vu le jour.

Même blocage au niveau de la grille des salaires. Enseignants de l'école publique et fonctionnaires en bénéficient depuis août dernier. Mais point les enseignants de l'école privée qui n'ont reçu que des bribes depuis le mois de décembre. La loi 46 est pourtant claire à ce sujet. Elle s'applique bien aux enseignants du privé, dans sa totalité. Or pour financer les hausses de salaire des professeurs, les directions d'établissements devront augmenter les frais de scolarités... ou alors fermer boutique. L'augmentation menace d'être importante, de près d'un tiers des écolages pour nombre d'écoles. Ce que refusent catégoriquement des parents d'élèves qui financent déjà les nouveaux salaires du public. Depuis quatre mois, la polémique enfle. Des accusations fusent, à tort et à travers. Les enseignants sont même fustigés. Ces maîtres, hommes et femmes, sont pourtant chargés de l'éducation et du développement des deux tiers des élèves du pays. Et cette tâche, ils l'assument fort bien. Mais les directions d'établissements refusent d'appliquer la loi dans son intégralité. « L'État doit subventionner le secteur », insistent-elles. Malgré un dialogue en dents de scie, on tourne en rond. L'école privée s'installe dans la crise. Et c'est bien dommage ! Car le pays tire sa fierté de l'école privée. Le législateur lui, s'en lave les mains... en inévitable semeur de zizanie.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

NE VOUS EN FAITE PAS DE LA BILE MADAME ! LECH DEPUIS QUAND LES LOIS ESTROPIEES DE NOS INCAPABLES ET IGNORANTS FURENT-ELLES COMPRISES POUR L,ETRE AUJOURD,HUI ? SI PAR HASARD UNE DE CES LOIS EST DISONS CLAIRE ELLE EST FORMEE A LA TAILLE DE CERTAINS POUR LEUR FACILITER LA LATTA OU AKLEL BATTA KAMEN... L,ULTIME BUT DES SIMSIMIOTES !!!

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