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Les articles de Gaby Nasr sous la loupe d’une mastérante de l’UL

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Pour son mémoire en langue et littérature françaises, Ronza Hachem décrypte le discours journalistique de notre collègue.

Carole AWIT | OLJ
06/01/2018

Passionnée depuis l'enfance par l'apprentissage des langues, Ronza Hachem aimait réciter des poèmes et prendre la parole en public lors de fêtes et de cérémonies. Et pour s'exprimer mieux encore et transmettre ses émotions, elle n'hésitait pas à se servir de sa plume. Adolescente éveillée et soucieuse de se cultiver, elle a rapidement su quelle voie choisir. « Je rêvais, confie-t-elle, de pouvoir un jour prendre la relève de mes profs, d'être à l'écoute des apprenants, de cerner leurs difficultés, de favoriser leur épanouissement et de consolider leur confiance en eux-mêmes. » L'enseignement, la jeune femme ne le conçoit pas comme un métier mais une vocation qui lui permet, explique-t-elle, « de vivre des instants de communication authentiques, sincères et inoubliables avec les apprenants, de mettre à leur disposition, autant que possible, tout ce dont ils auront besoin pour réussir pas seulement une matière mais toute une vie. » Le bac en poche, la jeune femme choisit de suivre des études en langue et littérature françaises au sein de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'UL, section 2, à Fanar. L'étudiante studieuse se retrouve major de sa promotion durant ses années de licence, obtient des distinctions et reçoit un prix en 2015 lors de sa participation, au Liban, à la compétition « Les mots d'or de la francophonie ».

Un sujet d'étude inédit en littérature

Pour son mémoire de master en langue et littérature françaises, Ronza Hachem s'éloigne des sentiers battus. « J'ai éprouvé un grand intérêt pour le discours journalistique insolite du journaliste francophone Gaby Nasr qui rédige des billets d'humeur (chaque vendredi) dans L'Orient-Le Jour. Son style très particulier, son ironie poussée à l'extrême, sa manière de dire subjective qui va au-delà de toutes formes de censure étaient à la base de mon choix de sujet », explique la jeune femme. Dans son mémoire, soutenu en novembre 2017 et intitulé L'ironie dans le discours journalistique de Gaby Nasr, Ronza Hachem décrypte et interprète comment Gaby Nasr parvient à établir une situation de communication avec son lecteur anonyme. « Afin de pouvoir saisir et comprendre les diverses contraintes qui canalisent et orientent cet échange, j'ai relevé les différents éléments langagiers utilisés par le billettiste pour faire parvenir son message. Cela m'a permis de déboucher sur l'étude de la réception du sens de ces billets par le lecteur », poursuit-elle. Au cœur du travail se trouve donc l'étude de l'ironie dans le discours journalistique de Gaby Nasr, plus précisément dans six de ses billets traitant le vide présidentiel au Liban au cours de ces dernières années. « Le fait d'imposer un tel sujet d'étude me semblait au début une affaire délicate, un peu risquée vu que le contenu est d'ordre politique. Mais ma directrice de recherche, Dr Maya Khaled, a trouvé le sujet fort intéressant, nouveau et actuel, surtout que le but n'est pas d'analyser les faits politiques survenus mais plutôt les outils langagiers et sémantiques utilisés par le rédacteur pour ce faire. Les membres du jury de soutenance, le Dr Faten Kobrosli et le Dr Rana Baroud, ont éprouvé le même intérêt », souligne-t-elle. Le journaliste Gaby Nasr a confié à Ronza être agréablement surpris de découvrir l'analyse qu'elle a fait de ses billets dans son mémoire. Les efforts de la jeune femme lui ont permis d'avoir la mention « excellent » avec félicitations du jury.

Souhaitant poursuivre ses études en langue et littérature françaises, Ronza Hachem réfléchit déjà à son sujet de thèse. En parallèle, la jeune femme enseigne à l'UL, où elle donne des cours de français langue étrangère, et dans un lycée. Celle qui conseille toujours aux jeunes de choisir la spécialisation qui les passionne pour réussir leur vie n'hésite pas à faire, avec beaucoup d'enthousiasme, l'éloge des études de lettres. « Il s'agit, note-t-elle enfin, d'études qui formeront non seulement votre savoir professionnel mais également votre savoir-vivre et savoir-faire. Vous plongerez dans un monde où l'élégance de la langue imprégnera l'élégance de vos paroles et attitudes ; où le foisonnement des civilisations et des cultures engendrera en vous une ouverture d'esprit, une tolérance de la différence et une acceptation de l'autre tel qu'il est. »

 

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