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Économie

Joseph Arida : L’immobilier de luxe à Paris prisé par une partie de la diaspora

Interview

Investi dans l'immobilier de luxe en région parisienne depuis dix ans, Joseph Arida livre à « L'Orient-Le Jour » un aperçu sur un marché français en phase de reprise après plusieurs années de stagnation.

27/12/2017

Vous avez fêté en 2017 les dix ans de Odgamm Prime Realty (OPR), votre agence spécialisée dans l'immobilier de luxe basée à Paris...

J'ai en effet décidé de créer cette société en 2007 après avoir rencontré un gestionnaire de grandes fortunes à Paris. J'e m'étais moi-même investi dans l'immobilier de luxe parisien depuis plusieurs années après avoir fait mes armes chez Foncia et Christie's Great Estates.

Nous sommes actuellement implantés avenue Marceau, dans le quartier de la place de l'Étoile, et nous possédons un réseau de correspondants à Londres et Monaco. Nous couvrons principalement Paris, Neuilly et Boulogne, mais nous sommes également amenés à traiter en dehors de la région parisienne pour répondre aux besoins de nos clients. Le choix de Paris comme base de nos opérations s'est imposé de façon naturelle car j'y exerçais depuis plus de 10 ans, entre autres raisons. Nous sommes actuellement en train de renforcer notre réseau car nous avons récemment été mandatés pour écouler un portefeuille d'environ 70 logements en lots dans plusieurs quartiers de Paris.

 

La majorité de vos clients est française ?
Une bonne moitié de nos clients l'est, l'autre est composée de ressortissants étrangers, dont de nombreux Libanais. Pour ces derniers, Paris reste un hub, que ce soit pour les affaires, les loisirs ou tout simplement pour servir de point de passage vers l'Afrique ou les Amériques. Ils y acquièrent généralement des propriétés pour des raisons diverses : dans le cadre d'un investissement locatif ou un placement, pour se payer un pied-à-terre, etc.

Enfin certains clients libanais et ressortissants du Golfe cherchent simplement à faire des placements en Europe. Des demandes que nous sommes à même de satisfaire en proposant par exemple d'investir dans des projets immobiliers à Berlin, via la société Zabel que nous représentons.

 

Comment évolue le marché de l'immobilier de luxe à Paris ?
Après plusieurs années de stagnation, ce marché est en pleine reprise depuis le début 2017. Les prix sont repartis à la hausse : le mètre carré a augmenté de 7,7 % au premier semestre en glissement annuel, pour atteindre 8 940 euros (plus de 10 000 dollars) en moyenne à Paris. Dans plusieurs quartiers de la capitale, le prix au m² a dépassé la barre des 11 000 euros (13 000 dollars) en moyenne, et certains micromarchés peuvent dépasser les 30 000 euros (35 600 dollars). Cette hausse n'est pas uniforme en France mais s'observe également dans d'autres métropoles recherchées comme Toulouse ou Bordeaux qui attirent aussi bien les résidents que les investisseurs.

Les acquéreurs étrangers – souvent accusés de tirer les prix parisiens vers le haut – n'ont réalisé que 5 % des 40 000 transactions annuelles à Paris (pour un total d'environ 900 000 en France). Ils représentent par contre 75 % des acheteurs des biens de plus de 4 millions d'euros (4,7 millions de dollars).

Le niveau extrêmement bas des taux de crédit – de 1 à 1,75 % –, accompagné des mesures de soutien public (dans le neuf) et de la remontée du moral des ménages, a en effet fortement dopé l'activité. Les solutions de financements les plus répandues s'étalent généralement sur 15 ans, voire plus si les acquéreurs sont plutôt jeunes. Cette moyenne gravite entre 7 et 10 ans pour les étrangers hors ressortissants européens. Enfin, les rendements à Paris dans de l'immobilier résidentiel prime oscillent entre 2,75 et 3,5 % environ.

 

Quels conseils adressez-vous à ceux qui souhaitent investir dans l'immobilier à Paris ?
Concernant le régime fiscal ou le choix de structure le plus adapté pour réaliser une acquisition, celle-ci dépend vraiment de la situation personnelle de chaque investisseur, de ses capacités de financement, de son âge et bien d'autres paramètres encore. Le mieux est encore de commencer à s'adresser à un notaire spécialiste des conventions internationales, notamment celles qui existent entre la France et le Liban. Le droit français offre une multitude de dispositifs adaptés à la plupart des situations.

 

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