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La Tunisie veut briser le plafond de verre dans la fonction publique

AFP
22/12/2017

La Tunisie va s'efforcer de briser le plafond de verre dans la fonction publique, où trop peu de femmes occupent des postes de direction selon une étude rendue publique vendredi.

Sur les quelque 630.000 fonctionnaires tunisiens, 37% sont des femmes, a affirmé à l'AFP Khaoula Labidi, la coordinatrice générale du projet, en marge de la présentation du rapport. Si ce taux est "très élevé par rapport aux autres pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient", 75% des postes de directeur général restent occupés par des hommes, a-t-elle poursuivi en citant cette étude sur les inégalités professionnelles dans la fonction publique.

Le poste de directeur général est l'un des "emplois de direction le plus prestigieux et donnant droit à des avantages pécuniaires et en nature", selon l'étude.

"Le grand obstacle, c'est (...) le plafond de verre. C'est à dire que la femme peut accéder à des postes de chef de service, de sous-directeur et de directeur. Mais par la suite, dans les plus hautes fonctions, les emplois (...) de directrice générale, de secrétaire générale de ministère (...), il y a un blocage à un certain niveau", a ajouté Mme Labidi. "On veut percer ce plafond de verre pour permettre aux femmes compétentes, et elles sont nombreuses, d'accéder à ces postes de haut niveau", a-t-elle conclu.

La ministre de la Femme, Naziha Labidi, a de son côté souligné que les autorités devaient "tout faire pour que les femmes accèdent aux postes de prise de décision". "Nous avons mis (au point) un certain nombre de plans pour permettre aux femmes, d'ici 2020 au plus tard, d'être vraiment égales aux hommes dans les postes de prise de décision", a-t-elle dit à l'AFP sans plus de détails.

Ce rapport, financé par la France, est un partenariat entre la présidence du gouvernement tunisien et ONU Femmes.

La Tunisie est considérée comme pionnière dans le monde arabe en matière de droits des femmes depuis l'adoption en 1956 du Code du statut personnel, qui a accordé plusieurs droits aux femmes et aboli polygamie et répudiation.

Cet été, le Parlement a adopté une loi pour lutter contre les violences faites aux femmes et en septembre, des circulaires qui empêchaient la célébration ou la reconnaissance des mariages entre des Tunisiennes musulmanes et des non-musulmans ont été abrogées. La bataille des mentalités reste toutefois à gagner de l'avis de la société civile, et les tiraillements entre progressistes et conservateurs refont régulièrement surface.

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