Liban

Crise entre Baabda et Aïn el-Tiné après le décret lié à « la promotion Aoun »

Polémique
OLJ
20/12/2017

Le Conseil des ministres a adopté hier un décret en vertu duquel un avancement a été octroyé à la promotion 1994 des officiers de l'armée entrés à l'École militaire à l'époque où le président de la République, Michel Aoun, était à la tête du gouvernement.
Ces officiers, connus sous le nom de la « promotion Aoun », avaient subi des préjudices liés au fait qu'ils n'avaient pas été promus comme leurs camarades au sein de l'armée. Selon des sources proches du milieu aouniste, ce décret vient réparer une injustice qui date de 23 ans, et qui a été infligée à des militaires ayant à l'époque fourni beaucoup de sacrifices pour préserver la stabilité du pays.
Sachant que le décret avait été signé samedi dernier par le chef de l'État et par le Premier ministre, Saad Hariri, sans la signature du ministre des Finances Ali Hassan Khalil, une véritable épreuve de force entre Baabda et Aïn el-Tiné s'en est suivie. Le président du Parlement Nabih Berry a jugé en effet que l'adoption du décret nécessite quatre signatures, en l'occurrence celles du président de la République, du chef du gouvernement, du ministre concerné (le ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf), et du ministre des Finances. Hier, au cours de la séance du Conseil des ministres, un vif échange s'est d'ailleurs produit entre MM. Sarraf et Khalil à ce sujet, le ministre de la Défense ayant affirmé qu'« il n'est pas nécessaire que tout décret portant sur une dépense financière soit signé par le ministre des Finances », tandis que M. Khalil s'indignait que « l'adoption du décret ne respecte pas la loi et la Constitution ».
Toujours selon les milieux berryistes, le décret porte atteinte à l'équilibre communautaire au sein de l'institution militaire. À cela, des proches du chef de l'État répliquent que cette balance est plutôt rompue au détriment de la communauté chrétienne tant à l'échelle de l'armée que dans nombre d'appareils sécuritaires et administratifs.
En tout état de cause, si le décret a été adopté hier, le Premier ministre a demandé au secrétaire général du Conseil des ministres, Fouad Fleifel, de ne pas le publier, et ce dans l'attente des résultats des médiations visant à rapprocher les points de vue et à éviter au pays une nouvelle crise politique.
Le chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt, a, dans ce cadre, délégué auprès du président de la Chambre l'ancien ministre de la Santé Waël Bou Faour, qui a fait part, à l'issue de la réunion, d'« une concordance de vues entre Nabih Berry et Walid Joumblatt sur la nécessité de respecter les règles constitutionnelles et légales et le principe d'équilibre dans toutes les décisions liées aux institutions qui garantissent la paix publique et la stabilité du pays ».
Ne restant pas en marge des concertations, le Hezbollah s'est chargé également de calmer le front entre ses deux alliés, sachant toutefois qu'il appuie la position de M. Berry, qu'il juge conforme à la loi.

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Fredy Hakim

Mr Berry avait déjà fait des ravages dans
les années 80 avec ou contre ses semblables,
les chefs de milices.
Il est, comme beaucoup de dirigeants de ce pays,
doté d’un égo surdimentionné et se prends souvent
pour Dieu le Père!
Il est temps pour lui de prendre sa retraite!

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