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Moyen Orient et Monde

La défaite dans l’Alabama ébranle la Maison-Blanche

USA
14/12/2017

L'Alabama, l'un des États les plus républicains qui soient, vient d'infliger un sérieux revers au président américain Donald Trump, en élisant le candidat démocrate Doug Jones. Son adversaire, le controversé Roy Moore, plus trumpiste que Trump, avait reçu le soutien de l'hôte de la Maison-Blanche. La défaite de Roy Moore, récemment accusé de harcèlement sexuel, fragilise clairement le Grand Old Party (GOP) et met le président américain dans l'embarras. Même si ce dernier a essayé hier de prendre ses distances avec le perdant. « La raison pour laquelle j'avais apporté mon soutien à Luther Strange (et ses chiffres ont bondi énormément), c'est que j'avais dit que Roy Moore ne serait pas capable de gagner l'élection parlementaire. J'avais raison ! » a tweeté le président hier matin.


Près de 20 000 voix ont séparé M. Jones de M. Moore au moment du décompte électoral. L'Alabama, qui avait massivement voté pour Donald Trump à la présidentielle, lui a, quelque part, tourné le dos. Provoquant ainsi une vague de déception parmi les partisans du président, désireux de « continuer le miracle Trump ». Leurs adversaires démocrates avaient, eux, opté pour « le vote de la décence ». À noter, par ailleurs, que Doug Jones, ancien procureur général, est un ennemi farouche du Ku Klux Klan. Fait historique donc, cet État sudiste n'avait pas voté pour un démocrate depuis 25 ans, réduisant actuellement d'une voix la majorité républicaine au Sénat fédéral. Les sondages de la semaine dernière de cette élection, considérée comme politiquement bizarre, avaient donné 10 points d'avance au candidat démocrate Jones sur le républicain Moore. Et durant cette même semaine, Roy Moore avait complètement disparu de la campagne électorale. On a dit qu'il se trouvait en Philadelphie pour assister à des événements sportifs, mais, en fait, les républicains lui avaient demandé de s'effacer pour ne pas continuer à faire des déclarations outrageantes qui aggraveraient la situation. Il n'a repris sa campagne que lundi dernier, dans une atmosphère qui n'a pas fait briller que son image triviale. L'un de ses partisans, vétéran comme lui de la guerre du Vietnam, a relaté qu'il s'est retrouvé avec M. Moore dans un bordel du Vietnam. « Et Moore, lorsqu'il a découvert où il était, a pris la fuite », a ajouté Bill Staehel, pour souligner que le candidat est « moralement solide et un homme de principe ». Actuellement, M. Moore est accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes, dont certaines disent qu'il les avait poursuivies alors qu'elles étaient mineures.

 

(Pour mémoire : "VOTEZ ROY MOORE!": Trump en première ligne sur l'Alabama)

 

Espoir de retour
Roy Moore faisait partie de la Cour suprême de l'Alabama, puis il avait été suspendu de son poste quand il avait refusé d'enlever une sculpture des Dix Commandements se trouvant sur un terrain de l'État. C'était une infraction à la Constitution qui prône la séparation de l'État et de la religion. Parmi ses commentaires incendiaires, son insulte des Amérindiens, et des Américains d'origine asiatique, les nommant « des rouges et des jaunes qui se battent continuellement ». Il a aussi traité l'islam de « fausse religion ». Il a une interprétation très controversée de la Bible, impliquant que la loi ne vient que de Dieu. Néanmoins, cette ligne lui avait jusqu'à présent permis de gagner. Selon le centre de recherches Pew, 86 % des résidents de l'Alabama s'identifient comme chrétiens et 49 % se disent protestants évangéliques. Cependant, les médias américains relatent que le courant essentiel des républicains avait conseillé de s'éloigner de Moore à cause de ses positions plus qu'extrémistes. Ceux-ci ont dépensé de grosses sommes pour appuyer son rival républicain durant les primaires, Luther Strange.


La victoire du démocrate Jones a constitué un message fort pour les élections de mi-mandat 2018, suggérant que le sectarisme et la misogynie trumpistes ne constituent pas une stratégie politique gagnante. En choisissant de soutenir M. Moore contre l'avis du GOP, Donald Trump a fait un pari qui s'est révélé plus que perdant. Mais c'est son ancien conseiller de l'ombre, Stephen Bannon, soutien indéfectible de M. Moore, qui est pour l'instant au centre des critiques du côté des républicains.
Chez les démocrates, l'espoir semble être de retour, un an après le choc de la victoire de Donald Trump. Son adversaire Hillary Clinton a résumé hier ce nouvel état d'esprit : « Si les démocrates peuvent gagner dans l'Alabama, nous pouvons, et nous devons, concourir partout. »

 

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