Le ministère public français veut traduire devant la justice le Libano-canadien Hassan Diab, unique suspect de l'attentat contre une synagogue à Paris ayant fait quatre morts le 3 octobre 1980, a appris mercredi l'AFP de sources proches de l'enquête.
Le parquet de Paris a requis le renvoi du suspect devant une cour d'assises spéciale, estimant "les charges suffisantes" à l'encontre d'Hassan Diab. Le parquet relève cependant qu'il existe des "doutes" sur sa présence à Paris au moment des faits qui devront être débattus devant la cour, selon une des sources. Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider d'un renvoi ou non devant la cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels.
Le Libano-canadien, âgé aujourd'hui de 64 ans, a toujours clamé son innocence. Il avait été arrêté le 13 novembre 2008 à la demande des juges français. Il est soupçonné d'avoir confectionné puis déposé l'engin explosif dans la sacoche de la moto qu'il aurait ensuite abandonnée près de la synagogue de la rue Copernic, dans le centre de Paris.
Soutenant qu'il était étudiant à Beyrouth au moment des faits, il se dit victime d'une homonymie. Diab est cependant extradé le 15 novembre 2014 vers la France. Inculpé le jour-même pour assassinats, tentatives d'assassinats et destruction de biens par l'effet d'une substance explosive ou incendiaire commise en bande organisée, il est placé en détention provisoire.
Après 18 mois en prison, Diab est remis en liberté avec un bracelet électronique et assigné à résidence. Mais dix jours plus tard, le 24 mai 2016, la cour d'appel annule cette libération.
Le 28 juillet 2017, les juges d'instruction font savoir qu'ils ont terminé leur enquête. La remise en liberté du suspect, accordée le 8 novembre 2017 par un juge des libertés, est annulée le 14 novembre par la cour d'appel de Paris.
L'enquête, l'une des plus anciennes à Paris, a attribué l'attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupe né d'une scission du FPLP.
Pour justifier sa demande d'un jugement, le parquet relève aujourd'hui plusieurs éléments à charge: "des notes de renseignement convergentes et réitérées", la ressemblance de Diab avec des portraits-robots réalisés à l'époque, la découverte d'un passeport à son nom avec des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne d'où serait parti le commando.
Il met aussi en avant les comparaisons faites entre l'écriture de Diab et celle sur une fiche d'hôtel remplie par l'homme qui a acheté la moto ou encore le témoignage d'un couple mettant en cause le suspect comme appartenant aux groupes palestiniens au début des années 1980.
Mais Hassan Diab assure qu'il se trouvait à Beyrouth au moment de l'attentat pour passer ses examens à l'université. Il avait donné au juge d'instruction les noms de deux femmes ayant révisé les épreuves avec lui qui ont corroboré sa version. Son ex-épouse, Nawal Copty, a également affirmé qu'il était au Liban le 28 septembre 1980, cinq jours avant l'attentat. Or, à cette date, le possesseur du passeport au nom d'Hassan Diab se trouvait déjà en Europe d'après les tampons. Ces éléments avaient conduit le juge d'instruction a "sérieusement douter" que Diab "soit le poseur de la bombe".
Le parquet de Paris a requis le renvoi du suspect devant une cour d'assises spéciale, estimant "les charges suffisantes" à l'encontre d'Hassan Diab. Le parquet relève cependant qu'il existe des "doutes" sur sa présence à Paris au moment des faits qui devront être débattus devant la cour, selon une des sources. Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider d'un renvoi ou non devant la cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels.
Le Libano-canadien, âgé aujourd'hui de 64 ans, a toujours clamé son innocence. Il avait été arrêté...


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