Liban

Sordide capharnaüm

Citoyen grognon
09/12/2017

L'accès à la Direction générale de la Sûreté générale de Beyrouth grouille de monde en ce lundi du mois de décembre, comme tous les jours de la semaine d'ailleurs. Ici, à Tahouita-Sami el-Solh, à quelques pas du centre de rétention pour migrants et du Palais de justice, Libanais et étrangers, jeunes et vieux, citoyens, réfugiés et travailleurs se croisent et se côtoient, qui pour faire un nouveau passeport, qui pour obtenir un permis de séjour, qui pour régulariser sa présence sur le sol libanais... Sous l'auvent, les queues s'étirent, par familles entières. L'attente est longue. Les enfants doivent prendre leur mal en patience. Fort heureusement, des espaces assis ont été aménagés, sommairement.
Fermes et courtois à la fois, les agents de faction veillent à l'ordre et au bon déroulement des formalités. Sans perdre de temps, mais sans précipitation non plus, ils orientent les personnes par centaines vers les différents bâtiments et étages, répondant à chacun, donnant les explications nécessaires, vérifiant les papiers, distribuant les permis d'accès. Il arrive, certes, que le ton monte un peu, qu'un candidat s'impatiente de ne pas voir son tour arriver, qu'un autre tente de resquiller, ou qu'une directive soit mal comprise. Mais le calme est aussitôt rétabli. Et c'est sans accroc majeur apparent que se déroule la journée.
Sauf que les locaux sont dans un tel état de délabrement et de saleté qu'ils en deviennent insalubres, dangereux même par endroits. Mais nul n'ose le relever, de peur d'être éconduit. Pas même les agents de service, qui font leur travail, sans rechigner. Dès l'entrée, le ton est donné. Les fenêtres n'ont plus de carreaux. Du plafond, de l'eau s'égoutte, formant une grosse flaque. Le sol taché n'a visiblement pas été lavé depuis des lustres. Une odeur fétide s'en dégage. La vieille serpillière multiusage et d'un noir douteux qui traîne dans les WC en est la preuve vivante.
Les cages d'escalier et les corridors servent de débarras où s'amoncellent de vieux meubles qui ont servi, des chaises éclopées, des planches de bois, des sacs en toile de jute, pleins à craquer d'on ne sait trop quoi... Un capharnaüm des plus sordides, au milieu duquel doivent évoluer et attendre des milliers de personnes tous les jours.
Accéder aux étages est une opération pour le moins hasardeuse. Les marches sont cassées ou au mieux fêlées. Elles ont visiblement cédé sous le poids d'un objet ou d'un meuble de gros calibre. Pour arriver à destination sans encombre, mieux vaut ne pas quitter ses pieds des yeux. Et bien s'agripper à la main courante. Pas évident lorsqu'on est âgé ou handicapé, lorsqu'on porte son enfant d'un bras, son dossier de l'autre.
Au fil des étages, une question taraude, lancinante. N'y a-t-il aucun autre lieu, plus propre, plus décent, mieux entretenu, susceptible d'accueillir les gens pour leurs formalités ? Comme par exemple le bâtiment flambant neuf de la SG, place du Musée, qui a pris l'allure d'un fort retranché, depuis quelque temps, on ne sait trop pourquoi ? D'autant que le coût des formalités n'est vraiment pas donné : le passeport libanais est l'un des plus chers au monde. Sinon, qu'attend-on pour donner un coup de neuf à ces locaux, ne serait-ce que par respect pour chaque personne qui foule les lieux?

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Saliba Nouhad

Non Mme, le problème est simple!
Chassez le naturel, il revient au galop.
Partout dans le monde, il y’a des compagnies louées qui font la maintenance et nettoyage de tous les bâtiments administratifs gouvernementaux, surtout après le départ des employés....
Mais ceci coûte cher, et soit:
1- pas de budget alloué à ceci au départ, car caisses de l’état vides...
2- imprévoyance, m’emfichisme et irresponsabilité= slogan national,
3- la plus plausible: il y aurait un budget dans ce but, mais qui aurait été détourné à autre chose ou fini dans les poches de certains...
N’allez pas chercher plus loin le pourquoi du comment, ni midi à quatorze heures!
Nous gardons certaines structures de République bananière.

Chaccal Marie Hélène

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