Armes à feu, équipements de protection ou solutions numériques : le dernier Salon mondial Milipol, véritable marché de la sécurité intérieure, a présenté des produits dernier cri. Dont Crim'in, qui est « la petite révolution de la police scientifique », explique Adrien Sivignon, enquêteur à la police technique et scientifique (PTS).
« C'est une application qui va permettre d'abandonner le papier et le stylo au profit d'une tablette », résume-t-il. « On est les yeux du magistrat sur la scène du crime, poursuit l'enquêteur. C'est l'outil de demain, la modernisation de la procédure judiciaire. » Déployée auprès des 12 000 enquêteurs de terrain en France, l'application a été développée à l'initiative du Service central de la police technique et scientifique (SCPTS) avec l'aide de deux sociétés : Sogeti, spécialisée dans la transformation digitale, et Trydea, une PME qui met au point des applications sur mesure. Son objet est de générer les rapports d'intervention qui sont ensuite transmis aux magistrats. Les fameuses constatations : listing des prélèvements, « album photo » de la scène de crime, plan des lieux à l'échelle établi à l'aide d'appareils connectés, comme un télémètre laser. Une fois le travail sur les lieux terminé, l'enquêteur transfère ces éléments via une connexion sécurisée vers un serveur et, de retour au bureau, il récupère ses données automatiquement mises en forme pour générer un rapport d'intervention.
Un besoin du terrain
Selon Adrien Sivignon, les enquêteurs gagnent en temps de post-traitement, en évitant notamment les doubles saisies. « On gagne aussi dans l'homogénéisation des procédures, avec un outil déployé partout en France », souligne-t-il.
La force de cette application est d'être partie de nécessités repérées sur le terrain, d'avoir été formalisée par les policiers et développée par les industriels, contrairement à d'autres produits clé en main que l'on trouvait au Salon. « C'est vraiment parti d'un besoin du terrain. On voulait répondre à ce besoin », indique l'enquêteur. Elle a été développée en deux ans grâce à des réunions hebdomadaires entre policiers et industriels, selon Marc Goffaux, responsable d'équipe chez Sogeti.
L'application a déjà suscité l'intérêt de clients étrangers potentiels, selon Jean-Philippe Mangeot, gérant de Trydea. « De nombreuses polices étrangères s'y sont intéressées », indique-t-il, notamment belge, mais aussi chinoise.
Coffre de toit
Autre innovation qui pourrait être bientôt adoptée par la police française : un coffre de toit connecté destiné aux véhicules de police et de gendarmerie. Développé par Thales en partenariat avec Gruau, transformateur de véhicules, ce coffre de toit amovible prend la place de la traditionnelle rampe lumineuse des voitures de police. Il est doté d'équipements radio et de signalisation, de lecture automatisée des plaques d'immatriculation et offre une connectivité haut débit sécurisée. Il dispose également d'une caméra à 360° avec vision nocturne, d'une alarme de proximité, et peut accueillir un drone ou diffuser du gaz lacrymogène. Surtout, il peut être facilement installé sur un autre véhicule en cas d'immobilisation d'une voiture, un grand avantage pour la maintenance du parc automobile.
En matière de sécurité aéroportuaire, Idemia, né de la fusion du spécialiste de la biométrie Morpho et de celui de la sécurité Oberthur Technologies, a présenté le système d'enregistrement automatisé des passagers d'avion qu'il vient de déployer au terminal 4 de l'aéroport de Singapour. Basé sur la reconnaissance faciale, de l'iris et des empreintes digitales, il permet de simplifier et d'accélérer le parcours des passagers depuis l'arrivée à l'aéroport à l'embarquement, dont la durée n'excède pas quinze minutes désormais à Singapour. D'autres enfin, comme la société américaine Mohoc, ont présenté des caméras à haute résolution que l'on peut installer sur des casques ou sur des chiens policiers.
Source : AFP

