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Moyen Orient et Monde

Le Hamas appelle à une nouvelle intifida

Statut de Jérusalem

Réunion urgente aujourd'hui du Conseil de sécurité de l'ONU, alors que les yeux du monde seront rivés sur l'esplanade des Mosquées.

OLJ
08/12/2017

De la Cisjordanie à la vieille ville de Jérusalem-Est, des Palestiniens en colère ont affronté, hier, les soldats israéliens et brûlé le portrait de Donald Trump pour protester contre la décision unilatérale – et potentiellement explosive – du président américain de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël. L'initiative de M. Trump sera aujourd'hui au cœur d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais en ce jour de grande prière hebdomadaire des musulmans, les regards se tourneront surtout vers l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, lieu saint autour duquel des troubles éclatent souvent dans les périodes de tensions.
Hier, le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a appelé à un nouveau soulèvement populaire : « On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les États-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada », a ainsi déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh. En soirée, au moins deux roquettes ont apparemment été tirées à partir de Gaza vers Israël, explosant toutefois dans l'enclave, selon l'armée israélienne. Cette dernière a par ailleurs annoncé le déploiement de renforts en Cisjordanie occupée, en prévision d'une escalade. Hier aussi, en Irak, une puissante milice chiite, soutenue militairement par les pasdaran (armée d'élite de l'Iran), a menacé de s'attaquer aux forces américaines présentes dans le pays.
Du côté de l'Autorité palestinienne, Jibril Rajoub, haut responsable du Fateh (parti du président Mahmoud Abbas), a indiqué que le vice-président américain Mike Pence, attendu ce mois-ci au Proche-Orient, n'est « pas le bienvenu en Palestine ». « Au nom du Fateh, je dis que nous n'accueillerons pas l'adjoint de Trump dans les territoires palestiniens. Il a demandé à rencontrer Abbas le 19 décembre à Bethléem. Cette rencontre n'aura pas lieu », a déclaré M. Rajoub. Aussitôt, la Maison-Blanche a répliqué que l'éventuelle annulation de cette rencontre serait « contre-productive ».

« Cercle de feu » et « temps plus sombres »
Désirant amoindrir les tensions et justifiant cette décision controversée, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a affirmé hier qu'en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le président Trump n'a fait qu'obéir à la « volonté du peuple américain ». Il s'est ainsi référé à l'adoption en 1995, par le Congrès US, du Jerusalem Embassy Act appelant les États-Unis à déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, « capitale de l'État d'Israël ». « Le président n'a rien fait d'autre que de mettre en œuvre la loi de 1995 », a insisté M. Tillerson, soulignant que Washington souhaitait bien voir Israël et les Palestiniens négocier un accord de paix.
Néanmoins, la décision de M. Trump a continué hier de susciter la réprobation dans le monde entier. Le président russe Vladimir Poutine s'est dit « fortement préoccupé », appelant les parties prenantes au conflit israélo-palestinien à la « retenue » et au « dialogue », lors d'un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, selon un communiqué du Kremlin. Pour sa part, M. Erdogan, qui s'emploie à mobiliser le monde musulman, a estimé que la décision de M. Trump plonge la région « dans un cercle de feu ». Dans un communiqué publié quelques heures plus tôt, le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré être « très inquiet de la décision annoncée à Washington », disant craindre des conséquences funestes pour la région dans son ensemble. « Nous avons demandé (aux États-Unis) de clarifier le sens de leur décision », a quant à lui indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, après avoir rencontré son homologue américain Rex Tillerson en marge d'une réunion de l'OSCE à Vienne. « Cela pourrait affaiblir, voire mettre fin aux négociations pour une solution basée sur deux États », a-t-il ajouté.
En Europe, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, s'est alarmée d'un retour « à des temps encore plus sombres », et la chancelière allemande Angela Merkel a « désapprouvé » la décision américaine. Quant au président français Emmanuel Macron, en visite hier au Qatar, il a déclaré qu'il « désapprouve » l'annonce de M. Trump, une décision qui « contrevient aux résolutions du Conseil de sécurité » de l'ONU. « La France réitérera sa position au Conseil de sécurité », a-t-il ajouté, rappelant que Paris défend « une solution à deux États ayant chacun Jérusalem pour capitale (...), solution qui doit être trouvée par une négociation entre Israéliens et Palestiniens ». « Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale », a encore dit M. Macron, et la ville « doit avoir un statut sous l'égide des Nations unies ».

Mesure « invalide »
Dans le monde arabe et au Moyen-Orient, le grand allié saoudien des États-Unis a parlé d'acte « irresponsable », tandis que le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi Abdallah II de Jordanie, lors d'une rencontre à Amman, ont affirmé que toute mesure modifiant le statu quo sur Jérusalem était « invalide ». Ailleurs dans le monde musulman, du Pakistan à la Turquie en passant par la Jordanie (lire par ailleurs) et la Tunisie, des manifestations ont eu lieu hier en signe de protestation contre la décision de M. Trump et de soutien aux Palestiniens, les capitales de ces pays condamnant toutes la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'État hébreu. La seule voix discordante est venue d'Israël : le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est ainsi réjoui du fait que « le président Trump (soit) entré à jamais dans l'histoire de notre capitale ».

Source : AFP

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