X

Moyen Orient et Monde

Vladimir Poutine candidat pour un 4e mandat en 2018

Russie

Les experts estiment que le principal objectif du Kremlin sera désormais de faire en sorte que la participation au scrutin soit assez élevée.

OLJ
07/12/2017

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé hier, au terme d'une journée médiatique bien rodée, qu'il se présenterait pour un quatrième mandat à l'élection de mars 2018, ce qui en cas de victoire le placerait à la tête du pays jusqu'en 2024.
« J'annonce ma candidature au poste de président de la Russie », a déclaré M. Poutine lors d'une rencontre avec les ouvriers d'une usine à Nijni Novgorod, sur la Volga, retransmise en direct à la télévision. « La Russie va continuer d'aller de l'avant. Et dans ce mouvement en avant, personne ne l'arrêtera jamais », a-t-il lancé devant un public conquis, dans un contexte de confrontation avec l'Occident entre crise ukrainienne, conflit en Syrie et scandale de dopage institutionnalisé des sportifs russes. Vladimir Poutine, 65 ans, avait entretenu le suspense quelques heures auparavant lors d'un Forum de bénévoles à Moscou. « Je suis toujours avec vous », avait d'abord énigmatiquement répondu le président à un bénévole qui l'interrogeait pour savoir s'il « serait toujours » avec les Russes l'année prochaine. « La motivation doit venir uniquement de la volonté de rendre la vie meilleure dans ce pays, de le rendre plus puissant, mieux protégé », avait poursuivi M. Poutine.

L'épine Navalny
« Mais on ne peut y arriver qu'à une seule condition : si les gens vous font confiance et vous soutiennent », avait-il ajouté, avant de demander à la foule si elle le soutiendrait. Celle-ci avait répondu aux cris de « Oui ! », sous une pluie d'applaudissements. Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui entend défier M. Poutine lors du scrutin dans quatre mois, a réagi sur Twitter en ironisant sur la longévité politique du président russe : « À mon avis, c'est beaucoup. Je propose de nous y opposer. » Charismatique blogueur anticorruption aux accents parfois nationalistes, M. Navalny a organisé deux manifestations antigouvernementales d'ampleur en mars et juin et écopé de nombreuses condamnations en justice et de courtes périodes de détention. Son avenir politique reste toutefois flou, sa participation au scrutin ayant été exclue par la commission électorale en raison d'une condamnation pour détournement de fonds qu'il dénonce comme montée de toutes pièces pour l'éloigner de la course. Le principal parti pro-Kremlin, Russie Unie, a d'ores et déjà annoncé sans surprise qu'il ferait campagne pour Vladimir Poutine, qui a également reçu le soutien des principales figures politiques du pays, dont celui du Premier ministre Dmitri Medvedev, lui-même président de 2008 à 2012. « Si le peuple juge qu'il est possible et nécessaire que le président actuel présente à nouveau sa candidature, alors qu'il en soit ainsi », a pour sa part réagi Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l'URSS. Vladimir Poutine devrait affronter à la présidentielle les traditionnels candidats du Parti communiste et des nationalistes du LDPR, ainsi que la vedette de télévision proche de l'opposition Ksenia Sobtchak, qui espère réunir les Russes mécontents de la situation dans le pays.

53 % d'intentions de vote
Arrivé au pouvoir en 2000 dans un pays au pouvoir instable et à l'économie chancelante, M. Poutine est loué par nombre de ses concitoyens pour avoir été l'homme de la stabilité et d'une nouvelle prospérité, grâce à une manne pétrolière conséquente pendant des années, tandis que ses détracteurs lui reprochent un net recul des droits de l'homme et des libertés. La campagne pour la présidentielle doit être lancée après que la date de l'élection aura été officiellement décidée. Conformément à la loi russe, cette date devrait être annoncée entre le 7 et le 17 décembre. Jouissant de 53 % d'intentions de vote selon un sondage publié en novembre par le centre indépendant Levada, Vladimir Poutine est de loin le favori de la course présidentielle. S'il remporte le scrutin, cela ferait de lui le chef d'État ayant été le plus longtemps à la tête de la Russie depuis Joseph Staline.
Les experts estiment que le principal objectif du Kremlin sera désormais de faire en sorte que la participation au scrutin soit assez élevée, et le nombre de fraudes assez faible, pour éviter des manifestations d'ampleur comme en 2011-2012 et les critiques des Occidentaux et de l'opposition. « La véritable intrigue n'est pas le résultat de l'élection mais ce qu'il se passera après 2024 », explique le politologue russe Konstantin Kalatchev, estimant que Vladimir Poutine ne briguera pas de mandat supplémentaire dans le futur en cas de victoire en mars 2018.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Goaaaaaaaaal !

Décryptage de Scarlett HADDAD

Les polémiques, entre manœuvres internes et souhaits régionaux

Les matchs d’aujourd’hui

  • Suède
    Corée du Sud

    18/06

    15h00 (GMT+3)

  • Belgique
    Panama

    18/06

    18h00 (GMT+3)

  • Tunisie
    Angleterre

    18/06

    21h00 (GMT+3)

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué