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France : les parents d'une jihadiste partie en Syrie en garde à vue

AFP
05/12/2017

Les parents d'une jihadiste française de 27 ans, partie en Syrie rejoindre le groupe Etat islamique (EI) avec sa fille de deux ans en 2013, ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, selon des sources concordantes.

Ils sont soupçonnés de lui avoir envoyé "plusieurs milliers d'euros", alors qu'elle se trouvait en Syrie, a souligné une source proche du dossier.
Cette arrestation survient dans le cadre d'une enquête préliminaire visant Margaux D., ouverte en novembre 2016 pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, a précisé une source judiciaire.

Visée par un mandat d'arrêt, la jeune femme a été arrêtée mi-octobre à Raqa (Syrie) lorsque les forces kurdes, soutenues par une coalition occidentale à laquelle participe la France, ont repris à l'EI cette ville dont il avait fait sa capitale.

Margaux D. avait raconté son quotidien au sein de l'EI dans un reportage diffusé sur la chaîne France 2.
Selon les reporters qui l'ont rencontrée, elle était une des première Françaises à être arrivée dans le pays à l'été 2013, avec sa fille née et France et âgée de 18 mois à l'époque.
En janvier dernier, elle a été condamnée à deux ans de prison ferme en France pour soustraction et non-présentation d'enfant.

Convertie à l'islam en France, elle a expliqué sur France 2 avoir gagné le territoire de l'EI en Syrie pour "pouvoir vivre (sa) religion à (son) aise" et parce que l'EI se présentait comme le défenseur de gens opprimés, pas pour "rejoindre des gens qui versent le sang des autres".

Mariée plusieurs fois à des jihadistes français morts au combat, elle est aujourd'hui détenue avec sa fille aînée, aujourd'hui âgées de 6 ans, et ses deux autres enfants nés en Syrie, un fils de 3 ans et son bébé de 5 mois, selon France 2.

Sur les 1.700 Français partis en Irak et en Syrie depuis 2013, 178 hommes, 66 femmes et 58 enfants sont revenus en France. Les adultes y font systématiquement l'objet d'une procédure judiciaire, et les enfants au minimum d'un suivi judiciaire ou éducatif. Plusieurs centaines d'adultes et plusieurs centaines d'enfants français seraient encore dans la zone.
Plusieurs dossiers dans lesquels des parents sont soupçonnés d'avoir envoyé de l'argent à leur enfant parti en Syrie combattre aux côtés de groupes jihadistes sont actuellement entre les mains de la justice, et des condamnations pour de tels faits ont déjà été prononcées.
Fin septembre, la mère d'un jihadiste franco-algérien, présumé mort en Syrie, a ainsi été condamnée à deux ans de prison ferme à Paris.

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