Liban

Des sites se solidarisent avec les journalistes poursuivis

Liberté d’expression

Une atmosphère de terrorisme intellectuel plane sur le pays, affirme Salim Sayegh.

28/11/2017

Si plusieurs sites d'information suspendent aujourd'hui leurs activités pour quelques heures, c'est pour ne pas qu'ils se trouvent un jour contraints de les suspendre pour de bon. En signe de protestation contre les atteintes à la liberté d'expression et à la liberté de la presse, le site du parti Kataëb, Lebanon Debate, Alkalimaonline et Altaharri s'abstiendront de mettre à jour leurs sites.
En l'espace de quelques jours, un journaliste a été arrêté et un autre a été convoqué pour une audience devant la justice. Le journaliste Ahmad Ayoubi, coordinateur de l'Alliance civile islamique et membre du mouvement de l'Initiative nationale, est toujours derrière les barreaux pour un article écrit sur le site al-Janoubia le 12 novembre. Notre confrère Marcel Ghanem a été, de son côté, convoqué à une audience au parquet de Baabda pour avoir reçu sur son plateau, en direct, deux journalistes saoudiens fidèles aux autorités du royaume et qui se sont livrés à une critique virulente des plus hautes autorités libanaises.
Interrogé à ce sujet par L'Orient-Le Jour, l'ancien ministre et vice-président des Kataëb Salim Sayegh a dénoncé « l'atteinte à la notion pilier des droits de l'homme, à la principale liberté qu'est la liberté d'expression ». « Nous sommes témoins aujourd'hui de crimes d'expression, on nous inventera demain des crimes artistiques puis politiques. Cette atmosphère rappelle l'époque de la tutelle syrienne, d'autant qu'il s'agit d'un terrorisme intellectuel qui commence à sévir depuis le limogeage de Chucri Sader de la présidence du Conseil d'État jusqu'au limogeage actuel dans les médias », déplore M. Sayegh.
Pour l'ancien ministre, le ministre de l'Information Melhem Riachi est responsable, malgré lui, de cette situation. « Il prend des mesures et des positions favorables à la liberté de la presse et d'expression, mais il n'arrive pas à arrêter le rouleau compresseur de ce pouvoir détenu par la milice du Hezbollah. Il ne faut pas rester témoin de cette situation de dégringolade. S'il lui faut une raison pour démissionner du gouvernement, celle-ci serait suffisamment bonne », a estimé M. Sayegh.

Une loi pour la presse électronique
« Notre site suspend son activité depuis hier, minuit, et jusqu'à aujourd'hui mardi, à 13 heures », a précisé Michel Kanbour, fondateur et directeur général du site Lebanon Debate. « Ces arrestations et menaces d'arrestation qui se succèdent ne sont pas le fruit d'une pure coïncidence. La liberté de la presse et la liberté d'expression sont en grand danger, et si nos collègues ont été arrêtés, il est très probable que c'est l'un de nous qui sera visé la prochaine fois », a affirmé M. Kanbour.
« Les journalistes qui travaillent pour des médias électroniques sont encore plus menacés que leurs collègues dans les médias télévisés et les quotidiens parce que nous ne bénéficions pas de la protection de la loi sur les imprimés », déplore-t-il, avant de poursuivre : « L'État n'a pas encore adopté une loi pour les médias électroniques et ce sont les journalistes qui y travaillent qui sont en train d'en payer le prix. » M. Kanbour a assuré que « cette suspension de l'activité des sites précités n'est qu'une étape première, et nous aurons recours à d'autres mesures en cas de besoin ». « Dans le pays de la liberté d'expression, il est inacceptable que les journalistes soient traités comme des criminels », a-t-il martelé.
De son côté, le ministre de l'Information, Melhem Riachi, a insisté hier sur la nécessité de protéger le dialogue, la communication et la liberté d'expression au Liban, assurant que « ceux qui présentent des opinions divergentes ne sont pas des criminels ». « Ce qui s'est passé avec le collègue Marcel Ghanem s'est produit en raison de l'absence d'un syndicat qui protège les journalistes », a-t-il déploré. M. Riachi a tenu ces propos lors de la visite d'étudiants de la faculté d'information de l'Université arabe de Beyrouth au ministère.

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C,EST LE COMBLE !

Henrik Yowakim

Des sites se solidarisent avec les journalistes poursuivis
Si plusieurs sites d'information suspendent aujourd'hui leurs activités pour quelques heures, c'est pour ne pas qu'ils se trouvent un jour contraints de les suspendre pour de bon.

PLUTÔT QUE DE SUSPENDRE LEURS ACTIVITÉS CES SITES DOIVENT OU DEVRAIENT REDOUBLER D'EFFORT ,REMUER CIEL ET TERRE ET DÉPOSER TOUS ENSEMBLE DES PLAINTES CONTRE L'ETAT LIBANAIS AUPRÈS DES ORGANISMES INTERNATIONOS ET DES ETATS COMME LA FRANCE CENSÉS PROTÉGER LES DROITS DE L'HOMME ET LA LIBERTÉ D'EXPRESSION DES JOURNALISTES

ET SURTOUT SANCTIONNER/CONDAMNER LES ETATS QUI VIOLENT CES DROITS

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