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Irak : Erbil accuse Bagdad de refuser le dialogue

AFP
27/11/2017

Le Premier ministre de la région autonome du Kurdistan irakien a accusé lundi le gouvernement de Bagdad de refuser le dialogue malgré ses demandes répétées.

Il a par ailleurs demandé l'ouverture d'une enquête sur des événements ayant eu lieu à Touz Khormatou, une localité multi-ethnique du nord du pays dont les Kurdes ont été chassés lors de la reprise de la région par les forces irakiennes.

"Nous pensons que les problèmes entre Bagdad et Erbil doivent être résolus par un dialogue sérieux (...) mais, jusqu'à présent, Bagdad n'est pas prêt au dialogue", a affirmé Nechervan Barzani lors d'une conférence de presse à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Après la mise à l'écart du président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, à la suite des conséquences désastreuses de son référendum d'indépendance, le 25 septembre, c'est son neveu qui dirige la région autonome.

"Ils nous demandent de leur transférer le contrôle des passages frontaliers et des aéroports. Nous ne comprenons pas ce que cela signifie, nous n'avons pas de problème à ce qu'il y ait une supervision de (Bagdad). Mais est-ce que cela signifie que les Kurdes travaillant aux postes frontaliers et aux aéroports ne sont pas des Irakiens ou bien que Bagdad ne veut employer que des personnes parlant arabe?", a-t-il dit.

Après le référendum indépendance au Kurdistan, auquel il était fermement opposé, le gouvernement central a exigé de reprendre en mains les frontières que les Kurdes contrôlaient et, le 29 septembre, Bagdad avait fermé les aéroports d'Erbil et de Souleimaniyeh aux vols internationaux.

Nechervan Barzani a souligné que les Kurdes respectaient la décision de la cour fédérale jugeant anticonstitutionnel le référendum tout en soulignant que Bagdad devait de son côté annuler les sanctions prises à leur égard après cette consultation.

Il a par ailleurs demandé l'ouverture d'une enquête sur des évènements survenus en octobre à Touz Khormatou, dont la population est en majorité turcomane. "Nous ne pouvions pas imaginer que cela arrive à notre peuple (...) et qu'il soit contraint de fuir leur région. Nous tenons le gouvernement irakien responsable de ce qui s'est passé et exigeons le retour des déplacés et leur protection".

Selon les Nations unies, 35.000 personnes, en grande majorité des Kurdes, ont été déplacées de Touz Khormatou. Cette ville, qui comptait 100.000 habitants kurdes, turkmènes et arabes, était sous le contrôle conjoint des peshmergas et des unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi jusqu'au 16 octobre lorsque ces derniers se sont emparés de la ville.

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