La délivrance des Mousquetaires version 2017 est venue de Lucas Pouille, dans le 5e et dernier match décisif. Les Français remettent ainsi la main sur le Saladier d’argent, qui leur échappait depuis 16 ans. Denis Charlet/AFP
Favorite sur le papier contre la Belgique, la France a été poussée dans ses retranchements et acculée à un 5e match en finale de Coupe Davis, remportée pour la 10e fois, hier, à Villeneuve-d'Ascq près de Lille.
C'est Lucas Pouille qui a délivré les Mousquetaires version 2017, grâce à sa victoire logique et facile dans l'ultime match face au n° 2 belge Steve Darcis (6-3, 6-1, 6-0). Ce succès aisé du benjamin français (23 ans) met fin à trois échecs consécutifs des Français en finale (2002, 2010 et 2014). Après toutes ces désillusions, les Français remettent la main sur le Saladier d'argent qui leur échappait depuis 16 ans.
Le capitaine Yannick Noah, rappelé à la rescousse en septembre 2015, a donc réussi à mener à bien sa mission. Il s'agit de son 3e titre en autant de finales après les grandes heures de 1991 à Lyon et de 1996 à Malmö. Ce sacre manquera néanmoins de saveur et de matches mémorables en comparaison des coups d'éclat de Henri Leconte et Guy Forget contre Pete Sampras à Lyon (1991) et des trois balles de match sauvées par Arnaud Boetsch contre le Suédois Nicklas Kulti (1996). En 2001, sur le gazon de Melbourne, l'exploit était aussi au rendez-vous face à l'Australie de Lleyton Hewitt et Patrick Rafter, dans ce qui restera le seul trophée sous le mandat de Guy Forget en tant que capitaine (1999-2012).
Goffin, meilleur joueur
Hier, dans l'ébullition du stade Pierre-Mauroy, tout s'est achevé sur une victoire logique de Pouille (18e mondial) face au vétéran Darcis (33 ans, 76e mondial). Le jeune Nordiste, supérieur en puissance, n'a pas tremblé et a mis fin à la belle série de « Monsieur Coupe Davis », surnommé ainsi en Belgique pour son efficacité, jusque-là totale, lors des 5e matches décisifs (5 victoires).
Une défaite de Pouille aurait été un immense fiasco alors que les Français n'ont pas brillé face à David Goffin, meilleur joueur incontestable du week-end. Le Wallon de 26 ans avait, plus tôt en matinée, surclassé Jo-Wilfried Tsonga (7-6 (7/5), 6-3, 6-2). Déjà au-dessus du lot contre Pouille, en ouverture vendredi, le récent finaliste du Masters n'aura pas perdu un set ni une seule fois son service dans le nord de la France. Tsonga avait l'opportunité de délivrer les siens, au lendemain du succès poussif (6-1, 3-6, 7-6 (7/2), 6-4) de ses camarades Pierre-Hugues Herbert et Richard Gasquet en double face à Ruben Bemelmans et Joris De Loore. Mais, après un premier set de très haut niveau où il a manqué des opportunités, le Manceau de 32 ans a baissé de régime alors que Goffin n'a presque rien raté.
Mais grâce au succès de Pouille, Tsonga a pu arracher, comme son camarade Gasquet, son premier grand titre. Les deux trentenaires lui couraient après depuis le début de leur carrière émaillée de frustrations en grand chelem et dans la vénérable compétition par équipes. Trois ans plus tôt, ils avaient chuté dans ce même stade Pierre-Mauroy contre la Suisse de Roger Federer et Stanislas Wawrinka. En 2010, à Belgrade, c'est depuis le banc – Tsonga blessé, Gasquet remplaçant – qu'ils avaient assisté au triomphe de Novak Djokovic et sa bande. À 57 ans, Noah devient le troisième capitaine le plus titré, à égalité avec le Suédois Hans Olsson. Le dernier lauréat français (masculin) d'un tournoi du grand chelem, à Roland-Garros en 1983, n'a perdu qu'une seule finale dans la compétition, en tant que joueur en 1982 à Grenoble, face aux Américains emmenés par John McEnroe.
La Belgique devra, elle, patienter encore au moins un an pour s'offrir son premier Saladier d'argent. C'est son 3e échec en finale, le 2e en trois ans après la défaite à Gand en 2015 face à la Grande-Bretagne d'Andy Murray.
Source : AFP

